Le fantasque pilote irlandais Eddie Irvine, vainqueur hier du Grand Prix d'Autriche de formule 1, ne pouvait pas trouver meilleur coup d'éclat pour faire taire les sceptiques. Auteur d'une course opportuniste et pugnace, le pilote Ferrari a fait honneur à son nouveau statut de leader au sein de l'équipe italienne. Le plus gênant après un tel résultat, c'est qu'Irvine n'a pas fini de jouer les gros bras et de multiplier les provocations verbales, un exercice dans lequel il excelle tout autant qu'au volant de sa Ferrari. Cette fâcheuse habitude ne manque d'ailleurs pas d'exaspérer Ron Dennis, le très sérieux patron de l'écurie McLaren qui avait de bonnes raisons de faire grise mine à l'arrivée de cette 9e manche du championnat. Ses deux pilotes, David Coulthard et Mika Hakkinen, encadraient pourtant Irvine sur le podium, mais l'insatiable Dennis attendait beaucoup mieux qu'une 2e et 3e places.

La grosse bévue de David Coulthard

A la lecture des temps des essais, il pouvait en effet imaginer que son équipe quitterait le circuit autrichien avec un doublé de plus à son palmarès. Avec plus d'une seconde d'avance sur la première Ferrari, celle d'Irvine, l'espoir était assez légitime. Dans le clan italien, on voyait les choses un peu différemment comme l'avouait Irvine après la course. «Je savais que l'écart de performance enregistré lors des essais entre nous et les McLaren ne correspondait pas à la réalité. J'étais persuadé qu'une bonne stratégie pouvait me mettre en position de l'emporter. Et j'ai fait le nécessaire pour le prouver en piste.»

Pour dire toute la vérité, l'Irlandais a reçu un sérieux coup de pouce de la part de David Coulthard. Dès le deuxième virage, l'Ecossais faisait une grosse bévue en retardant au maximum son freinage. Ce manque de clairvoyance avait pour conséquence d'expédier sa McLaren dans celle de son équipier Hakkinen. Une petite touchette suffisante pour envoyer la voiture du champion du monde en tête à queue et en dernière position. Cet incident avait également pour résultat de coûter cher à la deuxième Ferrari, celle de Mika Salo, qui heurtait légèrement une Stewart bloquée par un embouteillage inattendu et allait devoir passer par son stand pour une réparation express.

Si Irvine perdait une place dans l'aventure, au profit de Rubens Barrichello, il restait au contact de l'homme de tête. «A ce moment de la course, j'avais pour principal souci d'énomiser mes pneus, mes freins et surtout mon essence. Pour toutes ces raisons, ce GP fut très éprouvant nerveusement et pas seulement sur le plan du pilotage.»

Eddie Irvine se rapproche de Mika Hakkinen

Comme prévu, Irvine patientait le plus longtemps possible avant de passer par son stand et c'est lors du ravitaillement qu'il gagnait son pari en repartant devant David Coulthard, et Mika Hakkinen, revenu à la 3e place à la faveur d'une attaque de tous les instants et de quelques abandons, dont celui de Barrichello.

Grâce à son succès, Eddie Irvine se rapproche un peu plus de Mika Hakkinen au championnat (2 points) et s'affirme comme un sérieux prétendant au titre mondial des conducteurs. Une position qu'il voudra asseoir dès dimanche prochain à la faveur du GP d'Allemagne. Au classement des constructeurs, McLaren revient à deux longueurs seulement de Ferrari.