La Kazakhe Elena Rybakina (23 ans) a remporté la finale du simple dames de Wimbledon en battant en finale la Tunisienne Ons Jabeur en trois manches (3-6 6-2 6-2). C'est le premier titre en Grand Chelem pour Rybakina, 23e mondiale, et le premier pour le Kazakhstan. D'origine russe, Elena Rybakina a pris la nationalité kazakhe en 2018 à l'âge de 18 ans pour financer sa carrière.

«J'étais super nerveuse avant le match et pendant le match. Honnêtement, je suis heureuse que cela soit terminé. J'ai tellement couru aujourd'hui que je crois que je n'ai plus besoin de faire de fitness de ma vie», a déclaré Elena Rybakina lors de la remise des récompenses, encore un peu sous le choc de sa victoire. «J'espérais à peine être encore là en deuxième semaine au début du tournoi», avoua-t-elle.

Un talent encore brut

A seulement 23 ans, Elena Rybakina est encore très jeune et donc perfectible, notamment dans son jeu vers l'avant. Très grande (1,84m), dotée d'un gros service et d'un puissant coup droit, elle peut potentiellement s'installer durablement dans le Top 10 du tennis féminin et prétendre à remporter d'autres tournois du Grand Chelem. Il s'agira toutefois pour d'abord de digérer et de confirmer ce premier titre, un écueil sur lequel beaucoup de jeunes joueuses ont échoué ces dernières années.

Rybakina est la douzième primo-lauréate en Grand Chelem depuis la fin de la domination de Serena Williams en janvier 2017. Sur les onze premières joueuses, cinq seulement ont remporté depuis un autre titre majeur et l'une d'elle, Ashleigh Barty, a déjà pris sa retraite tandis qu'une autre, Naomi Osaka, éprouve de grandes difficultés.

«Je suis triste mais c'est le tennis»

Paradoxalement, Ons Jabeur donne davantage de garantie dans un futur proche. La Tunisienne a certes raté sa finale. Mais son rêve de devenir la première joueuse arabe et la première Africaine à remporter un tournoi du Grand Chelem en simple n'est sans doute que remis à plus tard. Jabeur, qui a connu une progression lente et régulière depuis une dizaine d'années, saura certainement rebondir après cet échec.

«Je suis très triste mais c'est le tennis, il ne peut y avoir qu'une vainqueur», souligna la Tunisienne, tout de même «heureuse d'inspirer de nombreuses jeunes filles dans mon pays et en Afrique». «Il n'y a personne comme toi sur le circuit et tu es une inspiration pour nous toutes», lui répondit Elena Rybakina.

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Très calme au moment de fêter sa victoire, la joueuse kazakhe fut gagnée par une grande nervosité durant la partie. Elle commit ainsi 17 fautes directes dans le premier set. Ses volées notamment furent souvent catastrophiques, ce qui incita Ons Jabeur à la faire monter au filet le plus souvent possible. Heureusement pour elle, la Tunisienne, après une bonne entame de match, se montra moins à son aise, même si elle amusa le public de quelques mimiques et facéties - coup entre les jambes, balle renvoyée de la tête, raquette lancée haut dans les airs.

Jabeur malchanceuse avec les lignes

La rencontre tourna dans la dernière manche, alors que Jabeur avait facilement remporté la première (6-3) et Rybakina refait surface dans la deuxième (6-2) grâce à un break précoce. Sur le deuxième point du troisième set, un coup droit croisé de Rybakina fut jugé faute avant d'être corrigé, pour quelques millimètres, par la vidéo. Au lieu de 15-15, c'était 0-30 sur le service de Jabeur qui, quelques points plus tard, perdait son service d'emblée.

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La Tunisienne avait trois occasions de revenir à 3-2 0-40 sur le service de Rybakina. Mais la Kazakhe sortait le grand jeu depuis le fond du court, tandis que Jabeur manquait par deux fois de réussite avec les lignes. Rybakina sauvait sa mise en jeu (4-2) et réussissait un nouveau break sur le jeu suivant (5-2), ce qui lui permettait de conclure sans trop de nervosité (3-6 6-2 6-2). Sur l'ensemble du match, elle a remporté à peine plus de points (86) que sa rivale (80) mais a fait la différence en sauvant neuf balles de break sur onze.