Connaissez-vous Elie Baup, l’homme à la casquette et au visage impénétrable? Au cas où, l’occasion est offerte à chacun de scruter le natif du Sud-Ouest mercredi soir, stade de la Fontenette à Carouge (20h30), où se produit l’Olympique de Marseille face au FC Thoune de Bernard Challandes. Car Elie Baup, 57 ans, originaire de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), est le nouvel entraîneur de l’OM depuis le 4 juillet, cela pour deux saisons sauf événement fâcheux. C’est lui qui succède au charismatique Didier Deschamps, parti voir du côté de l’équipe de France parce que dégoûté des luttes claniques entretenues par le directeur sportif José Anigo et consorts au Stade-Vélodrome. Pas sûr qu’il ait gagné au change avec les Bleus, mais telle n’est point la question.

Première chose acquise, Baup a été engagé par l’actionnaire Margarita Louis-Dreyfus et le président Vincent Labrune en raison de ses prétentions salariales plus modestes que celles de «DD» (250 000 euros mensuels brut, son dernier salaire). Car à l’OM comme ailleurs, le seul verbe conjugué à tous les temps se nomme «économiser». Hélas, Baup paraît aussi modeste dans sa conception du jeu de football. Peut-il donc, malgré des moyens limités, atteindre les objectifs toujours élevés réclamés par les fans? Deschamps, lui, avait au moins rapporté un titre de champion de France en 2010 – le premier depuis 1992 – et trois Coupes de la Ligue d’affilée.

«Il ne roule que pour lui»

«Avec le nouveau coach, il y a plus de rigueur et de discipline dans les règles de vie, aussi bien sur le terrain qu’en dehors», déclare le demi Benoît Cheyrou à L’Equipe. Ah, bon? Dire que plusieurs cadres de l’OM se sont régulièrement plaints de la poigne de fer de Deschamps… Cheyrou veut sans doute se faire apprécier.

Au FC Nantes, son ultime (més)aventure d’entraîneur avant de devenir consultant sur Canal + en 2009, Elie Baup n’a pas laissé un souvenir plus marquant que le boss Waldemar Kita, grand ordonnateur de la relégation des Canaris en Ligue 2. «Le bonhomme est un malin, un type qui roule exclusivement pour sa pomme, ce qui n’est pas très original dans ce milieu», exprime un proche d’Elie en Loire-Atlantique, gentiment et sous le couvert de l’anonymat au site Le10sport.com. Le même: «Que dire d’autre sur lui, sinon qu’il est un entraîneur qui n’invente rien mais reproduit bien? Il aime mécaniser le jeu à travers des distances entre les lignes, entre les joueurs. Avec lui, c’est un peu le football homothétique.»

Nous voici donc informés. Aux commandes des Girondins de Bordeaux de 1998 à 2003, Baup – qui ne fut jamais footeux professionnel – a néanmoins décroché une couronne nationale en 1999 puis une Coupe de la Ligue en 2002.

En garde à vue

Après Nantes, il a aussi connu quelques déboires extrasportifs, soit l’ouverture d’une information judiciaire pour escroquerie dans une enquête le visant lui et sa compagne. Il avait été placé en garde à vue sans qu’aucune mise en examen ne fût ensuite prononcée à son endroit. Il était (est encore) soupçonné d’avoir perçu simultanément des allocations de chômage à la suite de son départ de Nantes, et une rémunération pour des interventions sur Canal +.

Ainsi que l’écrit l’hebdomadaire Le Point avec pertinence: «Le climat de crise de nerfs permanent et de fin de règne qu’il a connu en Loire-Atlantique lui servira d’expérience très utile pour affronter les immanquables turbulences marseillaises à venir.» Bonne chance, M. Baup.