Emiliano Sala s’était envolé vers la Grande-Bretagne et la Premier League. Au bout d’un très bon premier tour de Ligue 1 française à la pointe de l’attaque du FC Nantes (21 matchs, 13 buts), l’Argentin de 28 ans avait signé un contrat avec l’équipe de Cardiff City, actuellement 18e du plus prestigieux championnat du monde. Mais l’avion privé affrété pour lui permettre de rejoindre la capitale du Pays de Galles n’est jamais arrivé à destination.

Un peu plus de deux ans après le crash de l’avion qui transportait toute l’équipe brésilienne de Chapecoense en novembre 2016 (67 morts) et trois mois après l’accident d’hélicoptère qui a coûté la vie notamment au président de Leicester City, Vichai Srivaddhanaprabha, le football est touché par une nouvelle tragédie aérienne.

En novembre 2016: Chapecoense, le tragique crash de la comète

L’avion, un Piper Malibu à bord duquel avaient pris place deux personnes, dont Emiliano Sala, devait arriver un peu avant 21h. Le contrôle aérien a perdu son contact une heure avant cela. Une opération de secours comprenant hélicoptères et bateaux a rapidement été mise en place par la police de Guernesey ainsi que par les garde-côtes anglais, sans parvenir à localiser l’appareil. Interrompues pendant la nuit, les recherches ont repris mardi matin et se sont poursuivies toute la journée sans davantage de succès.

«Malheureusement, nous craignons le pire», déclarait dans l’après-midi John Fitzgerald, directeur général de l’agence de secours maritimes Channel Islands Airsearch. Pendant ce temps, les messages d’inquiétude, de désarroi et les hommages déferlaient sur les réseaux sociaux. A Nantes, les supporters ont rapidement lancé un appel à un rassemblement le soir même, tandis que le match de Coupe de France de l’ancienne équipe d’Emiliano Sala, prévu ce mercredi contre l’Entente Sannois Saint-Gratien, a été reporté à dimanche.

Cinquième meilleur buteur de Ligue 1

Selon plusieurs médias français, Emiliano Sala venait de récupérer ses dernières affaires et de faire ses adieux à ses anciens coéquipiers lorsqu’il a rejoint l’aéroport de Nantes-Atlantique. Arrivé chez les Canaris en 2015, il avait réalisé le meilleur premier tour de sa carrière et pointait au cinquième rang du classement des meilleurs buteurs de Ligue 1, seulement précédé par le trio infernal du PSG Mbappé-Neymar-Cavani et par le Lillois Pépé. De quoi susciter en lui l’envie de prendre un nouveau départ.

Son transfert à Cardiff City ne s’est pas fait dans la sérénité. L’entraîneur nantais, Vahid Hallilodzic, a plusieurs fois regretté auprès des médias les conditions dans lesquelles le départ de son atout offensif numéro un avait été négocié, selon lui dans son dos et alors qu’il ne dispose d’aucun autre buteur actuellement. Il n’en tenait toutefois pas rigueur au joueur lui-même, qu’il gardait en haute estime: «Emiliano Sala a 28 ans. Cardiff lui propose six à sept fois son salaire. J’aurais peut-être pris la même décision si j’avais été à sa place.» Sous-entendu: à cet âge-là, il faut savoir saisir l’opportunité lorsqu’elle se présente…

Un pur produit du football tricolore

Né à Cululu dans la province de Santa Fe en octobre 1990, Emiliano Sala n’a pas de racines françaises mais il est pourtant un pur produit du football tricolore. Enfant, il intègre le centre de formation Proyecto Crecer, lié aux Girondins de Bordeaux. Il rejoint le club en 2010 où il est affilié à l’équipe réserve, avant d’enchaîner les prêts: Orléans en National, puis Niort en Ligue 2 et enfin Caen en Ligue 1. Au total, il n’aura joué que 13 matchs (1 but) pour Bordeaux lorsqu’il s’engage avec le FC Nantes, où sa carrière décollera enfin.

Cardiff City, promu cette saison dans l’élite du football britannique, avait fait de lui la recrue la plus onéreuse de son histoire, déboursant près de 20 millions de francs suisses pour l’attirer.

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