Alors que le football international reprend progressivement ses droits, que les affaires continuent de faire la une des journaux spécialisés, les clubs suisses sont en pleine préparation. Nouveau siècle, nouvelles ambitions! De par la structure de notre championnat, la pause d'hiver est ainsi mise à profit pour peaufiner une forme physique que la brièveté de la trêve estivale rend délicate. Au contraire par exemple de nos amis italiens qui profitent de l'été pour se donner les moyens physiques de survivre à une longue année de compétition.

Les joueurs s'astreignent ainsi à un intense travail de condition physique qui représente l'essentiel de la préparation. De cette période dépend fortement la qualité des performances futures. L'univers des joueurs se restreint et se résume fréquemment à «entraînement – repas – repos», pour reprendre l'expression d'un entraîneur. Et le sable chaud des plages d'outre-mer est plus souvent synonyme de longs et intenses footings que de farniente.

Parallèlement, dans des clubs de mieux en mieux structurés, les plus jeunes ont également entamé leur préparation. Avec souvent beaucoup d'enthousiasme malgré le côté rébarbatif de cette éducation du corps et de l'esprit. Comme motivation, tous ont en eux l'ambition individuelle de réussir. Trois ou quatre fois pour les plus jeunes, quatre à sept ou huit fois pour les plus proches du contingent de la première équipe, tels des pros, ils se rendent au stade. Parfois, ils croisent leurs modèles qui terminent leur journée et regagnent leur foyer. Et le rêve ainsi aperçu les pousse encore un peu plus au moment où le découragement peut faire son apparition.

Car il en faut de l'envie et de l'obstination pour concilier les études ou l'apprentissage avec la pratique d'un sport de haut niveau. Les journées ne comportant que 24 heures, cela tient souvent de l'impossible. Jonglant avec les moyens de transport et les horaires, recherchant continuellement la meilleure organisation pour se ménager un temps de récupération ou de vie privée, ils poursuivent leur rêve de faire de leur passion leur métier. Envers et contre tout.

Il n'est pas dans mon propos de placer ces jeunes joueurs sur un piédestal. Mais pour leur investissement, dans un monde où les traditionnelles questions fusent sur l'avenir de notre jeunesse, ils méritent notre aide. Plus encore, ils méritent notre respect et l'appui de nos autorités, au même titre que tous ces jeunes qui se battent, dans quelque domaine que ce soit. Loin des affaires, des sommes indécentes et des faux passeports. Simplement pour que le rêve devienne réalité, pour que la flamme et l'espoir qui les animent ne s'éteignent pas sans qu'ils aient tout essayé!

* Entraîneur-instructeur de l'ASF (Association suisse de football).