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Entre Murray et Federer, le cœur du public balance

La seconde demi-finale de Wimbledon s’annonce très indécise. Sur le court comme dans les tribunes (en bonus: les statistiques des deux joueurs...)

Sans faire injure à Richard Gasquet et à Novak Djokovic, la première demi-finale du tableau masculin de Wimbledon vendredi ne sera qu’un aimable amuse-bouche pour le public londonien. Tous ne seront là que pour voir l’affrontement tant attendu et en même temps redouté des deux chouchous du All England. Entre Andy Murray et Roger Federer, le cœur de la foule balance. D’un côté, bien sûr, la fibre patriotique vibrera pour le local hero. Murray est l’homme qui a mis fin à l’interminable déshonneur d’une nation qui attendit 77 ans un successeur à Fred Perry. Ce fut lui, en 2013. Alors certes, Murray est Ecossais, pas Anglais comme Tim Henman, qui n’aura laissé à la postérité qu’une colline où les refoulés du Center Court suivaient ses matchs la foi au corps et la peur au ventre. Mais il y a bien longtemps que le sage Andy a cessé de revendiquer ses origines. Mieux, il dit désormais apprécier le charme suranné et les traditions empesées de ce club qui l’a fait roi d’Angleterre. Et puis, après tout, l’autre monument de Dunblane, sa ville natale au nord d’Édimbourg, une cathédrale gothique du XIIIe siècle, appartient bien à la Couronne britannique. Alors Go Andy!

Le problème, c’est qu’il y aura de l’autre côté du filet Roger Federer. Le fils que l’Angleterre aurait rêvé d’avoir et qu’elle a adopté depuis son premier sacre ici en 2003. Wimbledon adore Federer, la parfaite incarnation de l’idée que ce club et ses membres triés sur le volet se font du tennis. Un sport, certes, mais aussi un art de vivre. Roger Federer est septuple vainqueur ici. Ils ne sont que trois à avoir réussi pareil exploit, un par siècle: William Renshaw, Pete Sampras, Roger Federer. Etre le seul, l’unique, ne lui déplairait pas. Et beaucoup à Wimbledon paieraient pour voir ça.

Les deux hommes se sont déjà affrontés deux fois à Wimbledon. Les deux fois en finale, les deux fois en 2012. Ne cherchez pas l’erreur, il n’y en a pas. En 2012, le All England Lawn Tennis and Croquet Club a organisé son tournoi en juin puis les épreuves de tennis des jeux olympiques de Londres en août. Roger Federer remporta le tournoi, qui demeure à ce jour son dernier titre en Grand Chelem. Andy Murray, qui restait alors sur une série de trois finales perdues sur trois en Grand Chelem, n’avait pas les nerfs de résister et à la pression du public (le fantôme de Fred Perry, toujours lui…) et à un Federer en mission.

Un mois plus tard, le contexte était bien différent. Le court était ceint de banderoles multicolores et de logos olympiques, les joueurs portaient des tenues bariolées et le public braillait comme à un match de foot. Federer, qui avait bataillé comme rarement en demi-finale pour venir à bout de l’Argentin Juan Martin Del Potro et ainsi assurer une médaille à la Suisse, n’avait plus de jus en finale face à Murray. Décomplexé par ce succès, le champion olympique remporta l’US Open un mois plus tard puis, en juillet 2013, le tournoi de Wimbledon.

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