Charles Poncet, avocat: «Je ne connais pas personnellement ce monsieur Pishyar. Mais on le décrit comme quelqu'un de fortuné qui a des idées. Il convient d'être reconnaissant envers lui de se lancer dans cette tâche difficile, tant l'état du football romand m'inspire un profond scepticisme. En Suisse, il n'y a de la place que pour deux à trois clubs d'envergure. Le niveau du jeu gagnerait à ce que les clubs se frottent plus souvent à leurs homologues allemands ou français. Cela dit, Servette végétait et un homme arrive avec des ressources pour l'aider. Je trouve naturellement cela sympathique et lui souhaite bon vent. Vous savez, toutes les grandes choses qui ont fait Genève sont venues de l'extérieur.»

Dominique Warluzel, avocat, ancien président du club: «Avant toute chose, il faut se rallier au principe de la présomption d'innocence. J'espère que ce brave homme a les moyens de ses ambitions et le courage de sa détermination. Un club de football en Suisse est la seule entreprise où vous êtes déficitaire en tournant la clé dans la porte le 1er janvier. Les personnes qui veulent y investir me font rire. En général, elles pensent pouvoir gagner en crédibilité et ainsi s'implanter de manière extra-footballistique dans la région. Selon moi, Servette doit se résoudre au semi-professionnalisme car, depuis trente ans, Genève n'en finit pas de prouver son désintérêt pour le football.»

Manuel Tornare, maire de Genève: «Je n'ai pas à commenter l'élection de M. Pishyar, œuvre d'un comité indépendant qui échappe totalement au regard politique. J'ai rencontré deux fois ce monsieur qui a de grandes ambitions pour le club; ce qui est réjouissant, tant Genève a besoin d'une équipe phare pour son stade. Le rôle des pouvoirs publics dans cette affaire a été celui de médiateur entre les partis. D'abord, vis-à-vis de M. Viñas, une personne d'honneur que j'estime beaucoup; puis vis-à-vis d'éventuels partenaires locaux. Aujourd'hui, la nomination de M. Pishyar a clarifié la situation. Il ne faut surtout rien saboter et, peut-être, encourager certains investisseurs locaux à travailler avec lui.»

Vartan Sirmakes, directeur général des montres Franck Muller: «Je pense que c'est une bonne nouvelle. Après un premier échec, les circonstances font de lui l'homme de la situation. Il faut être tolérant envers quelqu'un qui souhaite s'investir dans le foot en Suisse. Car chez nous, l'absence de revenus des droits TV et la concurrence du hockey rendent le challenge difficile. Même si le niveau général est globalement bon, et si certains présidents font un travail remarquable, comme Christian Constantin à Sion. M. Pishyar a l'air enthousiaste et volontaire. Il faut maintenant lui laisser du temps et le soutenir. Nous sommes dans l'attente, comme avant un match. Laissons-le jouer et on verra le résultat.»

Yves Grange, régisseur, président d'UGS: «Faute de mieux, le comité a dû accepter une solution dont on ne connaît pas la pérennité. Je suis un peu sceptique quant à la volonté de M. Pishyar de s'investir sur le long terme, mais je suis bien obligé de lui faire confiance. J'ai moi-même tenté, avec l'aide de la Fondation Wilsdorf, de réunir des fonds pour Servette. Malgré beaucoup d'intérêt voire de félicitations, la démarche n'a pas abouti. A Genève, on constate une inadéquation entre la volonté d'aider le club et les moyens pour le faire. Alors que les politiques affichent des intentions mais n'ont pas de moyens, les milieux économiques possèdent la capacité d'aider mais n'en ont, eux, pas envie.»