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Mario Gavranovic aura-t-il sa chance d'entrée contre le Costa Rica?
© Antonio Calanni/AP PHOTO

Coupe du monde 2018

Equipe de Suisse: le match après la tempête

L’affaire de l’aigle (à peu près) classée, l’équipe de Suisse doit valider sa qualification pour les huitièmes de finale en prenant la mesure d’un Costa Rica déjà éliminé. Une belle occasion de rebrasser les cartes

L’affaire de l’aigle aura vite été classée (presque) sans suite. Pour leurs célébrations en hommage à l’Albanie lors du match contre la Serbie, Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri et Stephan Lichtsteiner s’en sont tirés avec une amende totale de 25 000 francs. Un montant symbolique qui, compte tenu de leurs salaires, ne les empêchera pas de finir le mois. De la polémique ne reste qu’une question ouverte, alors que l’équipe de Suisse affronte le Costa Rica mercredi (20h): quelles traces laissera-t-elle sur le groupe, en passe de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde?

Le navire du capitaine Vladimir Petkovic n’avait plus l’habitude des tempêtes médiatiques. Depuis 2015, les déclarations maladroites de Stephan Lichtsteiner sur «les figures d’identification» supposément «plus très nombreuses» au sein de la Nati et le fantasme d’un «Balkangraben» fissurant son effectif, elle vivait dans le calme. Elle brillait par ses résultats sur le terrain, et par sa sérénité en dehors.

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Au climax de l’affaire de l’aigle, le défenseur Michael Lang a assuré aux médias suisses réunis à Togliatti qu’à l’épreuve du feu les liens entre les joueurs se soudaient plutôt que de se distendre. Message confirmé mardi soir par Valon Behrami lors de la conférence de presse officielle d’avant-match, même si lui comme son entraîneur ne se sont pas étendus sur les (nombreuses) questions sur le sujet. «Nous avons eu beaucoup de temps pour parler de tout ça. On ne voulait pas cette situation où le football n’est plus au premier plan, mais nous en sortons encore plus forts.» Comme un symbole, Lichtsteiner le pyromane d’hier brûlait cette fois au cœur de l’incendie avec ses coéquipiers d’origine kosovare. 2015-2018, comme une boucle bouclée.

La fierté du Costa Rica

Il n’y a pas de raison de penser que la dynamique lancée en Russie par un nul contre le Brésil et une victoire contre la Serbie soit brisée. L’équipe de Suisse abordera donc son dernier match dans le groupe E avec un costume de favori et une mission claire: valider sa qualification pour les huitièmes de finale. Avec une victoire ou un nul, elle terminerait du bon côté de la barre. Pour qu’elle crève au poteau, il faudrait non seulement qu’elle s’incline mais aussi que le Brésil ne gagne pas contre la Serbie, et qu’au jeu de la différence de buts la Nati soit perdante.

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Mais Vladimir Petkovic n’a pas prévu de sortir son boulier. «Nous ferons ce qu’il faut pour gagner», promet-il. La grande interrogation concerne l’état d’esprit avec lequel le Costa Rica, déjà éliminé, abordera l’échéance. Libéré ou abattu? «Nous avons beaucoup à prouver. Nous avons une bonne équipe. Pas une moyenne. Nous voulons gagner notre dernier match, car nous avons notre fierté», répond le défenseur central Kendall Watson.

Un sentiment de revanche animera la formation, critiquée très durement par la presse costaricienne. «Je vais être franc avec vous, j’ai de la peine à trouver le sommeil ces jours-ci, affirme le sélectionneur Oscar Ramirez. Quand je lis que je suis un lâche, ou alors qu’on attaque ma famille, j’ai de la peine à l’accepter.» Il entend répondre aux médisances par une victoire pour l’honneur. Les supporters suisses se souviennent qu’en 2008, lors de son Euro à domicile, la Nati avait été capable de dominer la Turquie dans son dernier match de groupe alors qu’elle savait que sa route s’arrêterait là…

Changements possibles

Elle est aujourd’hui dans une position sensiblement différente. Nouvelle. Contre le Brésil et la Serbie, il n’y avait pas le moindre calcul à faire. Maintenant qu’elle peut légitimement se projeter un peu plus loin dans la compétition, Vladimir Petkovic doit intégrer dans son logiciel des données inédites, dont la fatigue qui touche ses éléments les plus expérimentés.

Valon Behrami, qui laisse ses tripes sur le terrain lors de chaque rencontre et qui n’a plus, à 33 ans, la même capacité de récupération qu’à 25, doit-il souffler avant un éventuel huitième de finale? Stephan Lichtsteiner, que la Juventus n’utilise plus avec autant de régularité depuis longtemps, est-il capable d’enchaîner? Le sélectionneur suisse n’aime rien davantage que la stabilité, mais il semble cette fois possible qu’il s’accommode de quelques changements dans son onze de départ.

Après deux matches, il apparaît aussi clairement que l’équipe de Suisse pourrait s’autoriser quelques essais dans son secteur offensif. Logiquement hors de forme après un printemps pratiquement sans jouer au Benfica Lisbonne, Haris Seferovic ne triche pas mais n’apporte ni menace pour l’adversaire, ni point d’ancrage fiable pour les offensives suisses. Juste derrière lui, Blerim Dzemaili peine également à trouver son rôle sur le terrain, surtout quand Xherdan Shaqiri tend à s’engouffrer dans l’axe dès que possible comme il l’a fait face à la Serbie, et il conservera sa liberté mercredi.

Adversaires potentiels

«Avec lui, nous sommes dans le chaos organisé», dit joliment Vladimir Petkovic. Avec Mario Gavranovic et Breel Embolo, auteurs de bonnes entrées en jeu, les solutions existent et il n’y aura pas de meilleur moment pour les essayer. «Avant chaque match, je compose la meilleure équipe possible», commente le sélectionneur avec son art éprouvé de ne rien révéler.

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Le classement de l’équipe de Suisse dépendra non seulement de son propre résultat, mais aussi de l’issue du match entre le Brésil et la Serbie. Au coup d’envoi, elle connaîtra ses adversaires potentiels en fonction du fait qu’elle termine première ou deuxième de son groupe. Sera-t-elle tentée de «choisir», par exemple pour éviter l’Allemagne si celle-ci finit deuxième de son groupe? Le calcul serait risqué. Et Vladimir Petkovic comme ses hommes vivent mieux en restant concentrés sur leur propre destin.

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