Blessé à l'oreille gauche suite à l'explosion, tout près de lui, d'un pétard lancé par un spectateur lors du match Sion – Servette de dimanche (LT du 19 mars), Eric Pédat ne portera pas plainte. «Notre gardien ne gardera pas de grosses séquelles, confie Cosima Deluermoz, du service de presse du club «grenat». En revanche, il souhaite que nous allions jusqu'au bout dans le protêt que nous avons déposé contre le FC Sion afin que de tels événements ne se reproduisent pas.» La représentante du club genevois a encore précisé que le tympan d'Eric Pédat – toujours victime, hier, de bourdonnements – n'a pas été touché. Par mesure de précaution, le capitaine servettien a été mis en arrêt de travail pour trois à quatre jours.

Si Eric Pédat n'entend pas porter plainte, la justice valaisanne, elle, s'est saisie du cas. Le supporter a été arrêté, interrogé, et même écroué, selon la section information de la police cantonale valaisanne. Quelles sanctions risque-t-il? Un juge devrait décider. Mais il pourrait retenir «les lésions corporelles simples» ou «graves» et même la «mise en danger de la vie d'autrui». Toutefois, le 19 mars étant un jour férié en Valais (Saint-Joseph), il n'a pas été possible de savoir, hier, si ce genre de délit se poursuit d'office.

Le protêt suivra son cours

En revanche, le protêt déposé contre le FC Sion par Servette suivra son cours. La Commission de discipline de la Ligue nationale (LN) traitera l'affaire et non pas le juge de l'ordonnance disciplinaire de la LN. «Nous possédons une Chambre de sécurité (n.d.l.r.: une sorte de sous-section) qui nous donnera son avis», explique Me Odilo Bürgy, président de la Commission de discipline. Le Bernois était en route hier après-midi pour le siège de la Ligue nationale à Muri où il voulait consulter «le rapport d'arbitre ainsi que le formulaire de protêt. Le FC Servette dispose de trois jours pour confirmer celui-ci. Si nécessaire, nous entendrons ensuite des témoins avant de rendre un jugement sous sept à dix jours.» Les sanctions peuvent aller, rappelons-le, de l'amende à la suspension de terrain en passant par le match à rejouer ou perdu par forfait 3-0. Odilo Bürgy ne se souvient pas d'avoir traité un cas similaire. «En tout cas pas depuis que le nouveau règlement de sécurité est entré en vigueur, en 1999. Bien sûr, des gens jettent parfois des pétards, mais jamais quelque chose d'aussi gros et puissant et jamais aussi près d'un joueur.»

Explications sur Internet

Hier, sur le site Internet du mensuel MatchMag, fans de Sion et de Servette se sont expliqués. Souvent en s'appuyant sur un esprit partisan. Tous ont cependant condamné de manière forte le geste stupide du lanceur de pétard. Reste que certaines remarques observées sur www.matchmag.ch ne valent guère mieux que le geste lui-même.