xtreme de verbier

Estelle Balet, le talent extrêmement précoce du freeride

A seulement 20 ans, et au terme de sa deuxième saison sur le circuit mondial, la jeune snowboardeuse remporte le Freeride World Tour. Elle peut compter sur les conseils de Géraldine Fasnacht, qui se revoit beaucoup en elle

Avec ses moufles léopard et son mental de tigresse, Estelle Balet a tenu à distance samedi l’Américaine Shannan Yates, la seule qui pouvait l’empêcher d’être couronnée championne du monde de freeride, au terme de la grande finale sur le Bec-des-Rosses à Verbier. A 20 ans, la snowboardeuse valaisanne accroche à son tableau de chasse le Freeride World Tour à sa deuxième saison seulement, après avoir remporté le circuit juniors, puis le circuit des qualifications. Une ascension fulgurante pour une demoiselle qui aime les descentes décoiffantes, surtout si elles sont ponctuées de doubles barres rocheuses: «C’est une belle suite. On peut se demander: maintenant, qu’est-ce que je fais? Et bien, on va essayer de le remporter une deuxième fois!»

La Valaisanne, qui a squatté le podium d’Andorre à l’Alaska, a certes manqué de fluidité pour enlever l’étape finale à Verbier, son jardin des neiges. Mais en finissant deuxième devant sa rivale américaine, Estelle Balet a été «entendue par les dieux», elle qui voulait absolument le titre mondial. Et le prestige qui va avec. «Estelle, quand elle est deuxième, elle tire la tête comme moi je le faisais», avance Géraldine Fasnacht, son mentor. La triple gagnante de l’Xtreme s’est vite reconnue en cette jeune fille passionnée, qu’elle a prise sous son aile à 15 ans. «Elle avait vraiment envie de faire cela et je sentais un grand potentiel dans sa façon de rider. Cela me faisait rire parce que je me revoyais moi, à 15 ans. J’étais venue voir l’Xtreme de Verbier pour la première fois. Comme elle, c’était mon rêve d’y participer.»

C’est au terme d’une journée qu’elles passent ensemble dans la poudreuse pour les besoins d’une revue locale que leur aventure commune commence: «Le père d’Estelle m’a appelée pour me dire: je n’ai jamais vu ma fille aussi heureuse. Est-ce que tu ne voudrais pas l’entraîner? Je sais que faire du freeride, c’est son rêve mais je ne peux pas la laisser faire cela seule, j’ai besoin de sentir qu’elle est avec une personne en qui j’ai confiance.» Si, au temps de Géraldine Fasnacht, il fallait se faire un nom dans les compétitions de freestyle pour espérer être invitée dans les grandes épreuves de freeride comme l’Xtreme, Estelle a pu se faire les griffes dans le circuit juniors, qui a permis d’ouvrir les portes du ski extrême aux jeunes générations.

L’esprit libéré cette année

«Géraldine, elle m’a apporté son expérience dans un milieu où tout le monde était plus âgé», souligne Estelle Balet. Surtout «les 50% manquants dans sa tête» l’an dernier pour sa première au sein de l’élite, alors qu’elle doit jongler entre les sommets vertigineux et les bancs d’école pour sa maturité. «Après la réunion des coureurs, dans l’avion quand on rentrait, elle avait le nez tout le temps dans les bouquins, raconte la coach. Cette année, elle a l’esprit libéré et cela se sent dans sa glisse.» Comme un ange tombé du ciel, Géraldine Fasnacht a survolé le Bec-des-Rosses en wingsuit pour clore l’Xtreme. Mais cette trace-là, Estelle Balet jure qu’elle ne la suivra pas.

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