Football

Les Etats-Unis en finale avec la baraka du champion

Les premières finalistes de la Coupe du monde sont les tenantes du titre. Elles ont disposé d’une vaillante Angleterre mardi à Lyon (2-1), lors d’un match qui aura été tendu jusqu’au bout, avec, comme souvent, des histoires de VAR

Quand les journalistes sont appelés à écrire dans l’urgence, par exemple au bout d’une rencontre sportive qui se termine quelques minutes avant le délai de bouclage de leur journal, il arrive qu’ils préparent quelques paragraphes en vue des différents cas de figure envisageables. Soit, le plus souvent, la victoire ou la défaite de l’équipe qui les concerne en premier lieu.

En s’asseyant à sa place tout en haut des tribunes du Groupama Stadium de Lyon, à dix minutes du coup d’envoi de la première demi-finale de la Coupe du monde féminine, ce jeune journaliste britannique n’avait, lui, anticipé qu’un seul scénario, et son texte était déjà bien avancé. Il ne manquait pour ainsi dire que le score; celui sur lequel les Etats-Unis allaient battre l’Angleterre. Deux heures plus tard environ, il pouvait compléter: 2-1. Mais il s’en est fallu de peu pour qu’il ne doive mettre son texte à la poubelle et tout reprendre depuis le début.

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Championnes du monde en titre et grandes favorites à leur propre succession, les Américaines se sont bel et bien imposées. Mais cela fut beaucoup plus dur que prévu. Beaucoup plus incertain, aussi, que l’ouverture du score précoce signée Christen Press, de la tête dès la 10e minute de jeu, ne pouvait le laisser présager.

Rapinoe absente

«Nos adversaires ont fait un grand match et elles n’ont pas eu de chance», reconnaissait l’attaquante Alex Morgan au terme de la partie. «Chaque jour à l’entraînement, mes joueuses se mettent énormément de pression, nous évoluons dans un environnement très compétitif et c’est cela qui paie au final, développait la sélectionneuse Jill Ellis. Notre route vers la finale cette année aura été la plus difficile à ce jour, car le niveau de la compétition est extrêmement élevé, mais nous avons trouvé notre chemin.»

Dans un stade à l’allure d’enclave américaine, le public donne de la voix dès les premiers instants de la rencontre tant leurs préférées l’abordent en mettant une pression maximale sur la défense adverse. C’est une tactique qui leur a souvent réussi: Megan Rapinoe a ouvert la marque dès la 7e minute contre l’Espagne en huitième de finale, dès la 5e contre la France en quart. Cette fois, la virulente attaquante est blessée aux ischiojambiers et donc au repos, mais ses coéquipières sont bien décidées à la faire oublier. Après quelques instants seulement, Rose Lavelle réussit un petit pont dans la surface de réparation anglaise. L’action capote mais les supporters sont aux anges et font un brouhaha du diable.

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L’ouverture du score ne freine pas les ardeurs américaines. Un véritable siège s’organise. Mais les Anglaises ont du caractère et sur une de leurs premières incursions hors de leur camp, elles égalisent grâce à leur buteuse Ellen White (cinq matchs, six réussites lors de cette Coupe du monde). Le match est relancé et il ne sera plus une partie de plaisir pour les Etats-Unis, même si c’est leur superstar Alex Morgan qui peut inscrire le 2-1, encore de la tête, avant la pause.

Pluie de records

Le match est spectaculaire, disputé sur un bon rythme. Et l’enjeu reste entier: comme contre la France, les protégées de Jill Ellis ne mènent que d’un but. Comme contre la France, elles vont manquer de se brûler les ailes à trop vouloir gérer. A vingt minutes du terme, Ellen White est bien lancée seule face au but et trompe la gardienne… mais son égalisation sera annulée après un rapide recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) pour un hors-jeu de quelques centimètres.

Dix minutes plus tard, la VAR est de nouveau sollicitée et elle permet cette fois à l’Angleterre d’obtenir un penalty. Mais l’essai de la capitaine, Steph Houghton, est stoppé par Alyssa Naeher. Souvent désignée comme le maillon faible d’une formation constellée de talents, la gardienne de 31 ans sauve son équipe, qui parviendra à conserver son avantage jusqu’au bout, au prix d’un alignement très prudent (cinq défenseuses en fin de match).

C’est aussi en prenant les bonnes options tactiques au bon moment que les Etats-Unis règnent sur le football au féminin. Contre l’Angleterre, la formation américaine a remporté sa onzième victoire consécutive en Coupe du monde. Elle disputera dimanche sa cinquième finale (un record), et sa troisième consécutive (un autre record). Les Américaines affronteront les gagnantes de la rencontre entre les Pays-Bas et la Suède (ce mercredi à 21 heures à Lyon) et tenteront de décrocher le trophée pour la quatrième fois. Oui, ce serait aussi un record.

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