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L’annonce du verdict, mercredi 13 juin à Moscou.
© Kevin C. Cox/Getty Images

2026

Les Etats-Unis, le Mexique et le Canada organiseront une Coupe du monde à 48 pays

Sans surprise, la candidature marocaine a été balayée. La Coupe du monde va entrer dans une ère nouvelle, sans doute inaccessible aux petits pays

Ils ont huit ans pour s’y préparer: le trio Etats-Unis/Canada/Mexique a été désigné mercredi pour organiser en 2026 la première Coupe du monde à 48 équipes. La candidature nord-américaine, réunie sous l’appellation «United 2026», a été nettement préférée à celle du Maroc par les 203 membres votants de la FIFA, réunie en Congrès à Moscou. La «World Cup» revient donc aux Etats-Unis après le tournoi de 1994. Le Mexique a déjà organisé deux fois le «Mundial» en 1970 puis en 1986, après le désistement de la Colombie. C’est en revanche une première pour le Canada.

«Félicitations. On a beaucoup travaillé pour ça», a salué le président américain, Donald Trump, sur Twitter. Reste à voir son attitude dans les huit ans à venir: Donald Trump s’en est pris très violemment récemment au premier ministre canadien, Justin Trudeau, qu’il a qualifié de «malhonnête et faible» alors que les désaccords sur le commerce plombent la relation entre les deux pays. Et le président américain égratigne régulièrement le Mexique sur le commerce et sur l’immigration…

Un résultat sans appel

Mais pour l’instant, le trio vainqueur est tout à sa joie. «Ce sera un formidable tournoi!», s’est exclamé Justin Trudeau. «C’est beaucoup d’émotions pour nous aujourd’hui. Je vous remercie pour cet incroyable honneur», a dit, ému aux larmes, le président de la Fédération américaine, Carlos Cordeiro, à la tribune à Moscou. Le vote fut net: 134 pour le ticket «United», 65 pour le Maroc, 1 vote blanc. Il y a 211 fédérations affiliées à la FIFA, mais le Ghana a été suspendu, les pays concernés ne pouvaient pas voter, ni trois associations liées aux USA (Guam, îles Vierges et Porto Rico).

Jamais l’issue n’aura été aussi indécise, car c’était la première fois que le scrutin était ouvert à autant de votants. Auparavant, c’était non pas le Congrès de l’instance mais son comité exécutif (soit une vingtaine de personnes), devenu depuis Conseil de la FIFA, qui attribuait les Mondiaux. La voix de l’Association suisse de football (ASF) est allée à la candidature nord-américaine.

Cette réforme «s’est passée merveilleusement bien», a dit Gianni Infantino. Le président de la FIFA est on ne peut plus satisfait de ce «processus inédit, clair et transparent», qui était présenté comme un moyen de dissiper l’odeur de soufre qui avait entouré les dernières attributions de l’ère Blatter. La désignation de la Russie pour le Mondial 2018 et du Qatar pour 2022 le même jour en 2010 avait soulevé une vague de polémiques et de soupçons. La défaite de la candidature des Etats-Unis avait précédé de peu l’ouverture des enquêtes américaines sur la FIFA.

La victoire du ticket «United 2026» est un succès pour Gianni Infantino, qui a annoncé mercredi qu’il serait candidat en 2019 à sa réélection à la présidence de la FIFA. Il est, dans sa logique, cohérent d’attribuer ce premier Mondial à 48 «à de grands pays qui ne l’ont jamais eu, comme la Chine ou l’Inde, ou à des associations de pays, explique Paul Dietschy, historien du football. Car, pour couvrir les frais, il faut être à plusieurs.»

Trop gros pour le Maroc?

La candidature du Maroc n’aura pas résisté aux critères définis par les experts de la FIFA (infrastructures, hébergement, transports, budget). Verdict: le dossier du Maroc «a obtenu une note globale de 2,7 sur 5», contre «4 sur 5» pour le trio nord-américain, a-t-on appris auprès d’une source proche du dossier marocain. Déjà quatre fois candidat malheureux à l’organisation du Mondial (1994, 1998, 2006 et 2010), le royaume a donc échoué une cinquième fois. L’Afrique du Sud demeure donc le seul pays africain à avoir organisé, en 2010, une Coupe du monde.

Pour beaucoup d’observateurs, un Mondial à 48 équipes (contre 32 actuellement) semblait trop gros pour le Maroc. Gianni Infantino a même admis en conférence de presse qu’un tel tournoi devait être, selon lui, être accueilli par «un grand pays» ou par une «alliance de pays». «Parce qu’un tournoi de cette taille, c’est dommage que ça reste dans un pays», a-t-il ajouté. De quoi freiner les ardeurs des «petits» pays à l’avenir? D’autant que le trio Etats-Unis/Mexique/Canada a promis «la Coupe du monde la plus lucrative de l’histoire» avec 14 milliards de dollars de recettes, contre un «net pour la FIFA de 5 milliards de dollars» du côté marocain.

United 2026 avait seulement peur d’une chose: que le vote ne tourne au référendum «pour ou contre Donald Trump». Le président des États-Unis avait scandalisé la planète foot en lançant sur Twitter des menaces à peine voilées à ceux qui ne soutiendraient pas la candidature nord-américaine. Ce qui avait poussé Carlos Cordeiro à appeler les votants à juger sur les «mérites» et non sur la «géopolitique». Avec succès.

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