Football

En Europa League, le FC Séville surfe sur la marée «Reds»

Dans un Parc Saint-Jacques acquis à la cause de Liverpool, le club andalou est devenu le premier à remporter la compétition trois fois consécutives et cinq fois en tout

Et de trois. Mercredi soir, à Bâle, le FC Séville a remporté la finale de l’Europa League pour la troisième fois consécutive. Une première dans l’histoire de la compétition. Après avoir battu le Dnipro Dnipropetrovsk en 2014 et le Benfica Lisbonne en 2015, les Andalous ont dominé Liverpool dans un Parc Saint-Jacques plein comme un œuf. Quelques accrochages entre supporters des deux camps, avant le début de la rencontre, n’ont pas gâché la fête. Il y a eu du spectacle, des buts et une mi-temps en faveur de chaque équipe. Mais les Anglais n’ont ponctué leur domination en première période que d’une seule réussite, et les Espagnols ont fait mieux. Trois fois mieux.

En plus d’évoluer l’une contre l’autre, les deux équipes jouaient pour l’histoire au Parc Saint-Jacques. Double tenant du titre de l’Europa League, le FC Séville pouvait donc non seulement signer un triplé historique, mais aussi devenir le premier club à remporter cinq fois le trophée. Trois fois vainqueur de l’ancienne Coupe de l’UEFA (1973, 1976, 2001), Liverpool pouvait de son côté rejoindre les Sévillans dans les annales en s’adjugeant un quatrième sacre.

Des airs d’Anfield

Les Reds avaient pris l’avantage bien avant le coup d’envoi. La force du nombre. Les supporters anglais se sont déplacés en masse pour la finale de l’Europa League et l’ont fait savoir. Ceux qui n’avaient pas de billet pour le match ont envahi les rues de la cité rhénane de leurs chants et de leurs écharpes. Les quelque 10 000 privilégiés en possession d’un sésame pour entrer dans le stade ont donné des airs d’Anfield au Parc Saint-Jacques en début de soirée. A vingt minutes du coup d’envoi résonnait dans l’enceinte bâloise un «You’ll never walk alone» mémorable. Circonscrits derrière le but de leur gardien David Soria en première période, les fans espagnols jouaient incontestablement à l’extérieur. Comme le kop de Newcastle un samedi après-midi sur les bords de la Mersey.

Dans le jeu aussi, Liverpool a pris l’avantage rapidement. Le défenseur Daniel Carriço devait sauver son camp sur sa ligne après dix petites minutes de jeu. Dans l’enchaînement, Philippe Coutinho n’était pas loin d’obtenir un penalty. A la 35e, Daniel Sturridge ouvrait enfin la marque d’une belle inspiration de l’extérieur du pied gauche. Le Parc Saint-Jacques exultait, et manquait de chavirer de bonheur quelques instants plus tard, mais le deuxième but anglais était annulé pour une position de hors-jeu.

A mille kilomètres de Liverpool

La finale de la Ligue des champions, entre le Real et l’Atlético, sera forcément un monologue espagnol; celle de l’Europa League était partie pour n’être qu’en anglais (même pas sous-titré). Mais un Français à prénom anglo-saxon et à patronyme ibérique, Kevin Gameiro, a relancé le suspense sitôt le début de la seconde période. Il aurait pu doubler la mise une centaine de secondes plus tard, puis encore dix minutes après, mais c’est finalement l’ailier Coke qui a inscrit le 2-1 sévillan. Puis le 3-1. Et alors, les supporters espagnols, bien que minoritaires, ont rappelé haut et fort que Liverpool ne jouait pas à la maison. Qu’Anfield Road était à quelque mille kilomètres de Bâle.

A Anfield, Liverpool était mené 1-3 par Dortmund à la 65e minute de jeu en quarts de finale, mais les hommes de Jürgen Klopp avaient signé une folle remontée pour s’imposer 4-3 et se hisser dans le dernier carré. Au Parc Saint-Jacques, le score était le même ce mercredi soir mais ils n’ont ni pu ni su se sublimer. Au contraire, les statistiques affichées en première période (54% de possession de balle, 5 tirs au but contre 1 seul pour Séville) semblaient désormais dérisoires face au regain d’envie des protégés d’Unai Emery.

Dans les dernières minutes, l’entraîneur du FC Séville, impeccable costume cravate sous l’averse rhénane, exhortait les supporters de son équipe à donner de la voix. A chanter une victoire et une revanche; il n’y en avait eu que pour la marée «Reds» avant la partie. Ce sont les «rouge et blanc» qui ont eu le dernier mot.

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