Avec elle, ça passe ou ça casse. Evelyne Leu était venue à Turin, ou plus précisément à Sauze d'Oulx, théâtre du ski acrobatique, avec une ambition avouée. Décrocher le titre olympique. Prendre sa revanche sur Salt Lake City, où elle avait signé un record du monde en qualifications, avant d'échouer en finale. Une revanche sur l'adversité.

Celle qui lui a valu une chute spectaculaire en Coupe du monde en février 2004, et une blessure à l'épaule droite nécessitant opération et repos forcé de quatre mois.

Un palmarès très copieux

Déterminée, elle est revenue au plus haut niveau, dès septembre 2004, avec un seul objectif en tête: les Jeux de Turin 2006. Pour compléter un copieux palmarès composé d'un titre de vice-championne du monde et de multiples victoires en Coupe du monde, qui lui valent la deuxième place au classement mondial cette saison.

Mardi soir, Evelyne Leu avait terminé quatrième des qualifications. En raison d'une entrée en matière laborieuse. D'un onzième rang intermédiaire qu'elle compensa, à son deuxième passage, par des notes maximales grâce à un «lay tuck full» (triple salto avec une vrille). «Ce fut un des meilleurs lay tuck full de ma carrière», commenta la Bâloise, revigorée en vue de la finale d'hier soir.

Salto arrière et triple vrille

Une finale au cours de laquelle elle est venue à bout de sa grande rivale, la Chinoise Li Nina, et de la championne olympique en titre, l'Australienne Alisa Camplin, respectivement médaillée d'argent et de bronze.

Avec ses nerfs réputés d'acier, la Suissesse a fait la différence, lors de son deuxième saut, avec un triple salto arrière avec triple vrille, le fameux «full full full» qui lui a permis de prendre la tête. Ses adversaires ne sont pas parvenues à la dépasser au score.

Comme de nombreuses skieuses acrobatiques, comme la Chinoise Li Nina à laquelle elle a arraché cette médaille d'or, Evelyne Leu est issue de la gymnastique acrobatique. Embarquée dans cette nouvelle discipline par sa collègue gymnaste Michèle Rohrbach, elle y trouva très vite ses marques. Elle y consacre son existence à temps plein depuis cinq ans, devenant l'une des premières femmes à réussir le «full full full». Cette même arme qui lui a permis, hier soir, de se couvrir de cet or olympique qu'elle convoitait tant.