Sur une piste du Kandahar qui avait retrouvé visage plus humain, la descente féminine n’a pas livré de surprise dimanche. Réunissant sur le podium trois des grosses pointures de la discipline. En confiance et à l’aise à Garmisch, l’Autrichienne Elisabeth Goergl s’est offert le doublé, cinq jours après son titre en super-G. L’exploit l’a laissée sans voix. «J’ai mal dormi la nuit dernière. J’étais très tendue. Chaque jour est un autre jour et, même si j’avais déjà une médaille en poche, je savais que je devrais livrer une belle course pour espérer en décrocher une autre», a synthétisé la championne du monde.

Derrière Goergl, ce fut l’habituel duel. Entre les deux grandes dames du circuit, entre deux skieuses diminuées. Lindsey Vonn, pas entièrement remise d’une commotion cérébrale à la suite d’une chute à l’entraînement il y a dix jours, est allée chercher «de l’argent au goût d’or»; «vu les circonstances, je suis heureuse d’avoir pu skier comme je l’ai fait aujourd’hui.» L’Américaine ne sait pas encore si elle va disputer d’autres épreuves à ces Mondiaux. «Je vais en discuter avec les médecins et mon mari et je vous tiendrai au courant sur Facebook.»

Son amie Maria Riesch a elle aussi composé avec un corps affaibli par la grippe pour s’offrir la médaille de bronze. «Je manquais encore un peu de force et suis donc très heureuse d’avoir réussi à monter sur le podium», a soufflé l’Allemande entre deux quintes de toux. Comme en super-G, Lara Gut a dû se contenter du chocolat. Toutefois moins amer. Dans cette course d’éclopées, sa performance est elle aussi à souligner. Le genou touché à la suite de sa chute dans le slalom du super-combiné, la Tessinoise était encore incertaine samedi soir en vue de cette descente. Et, finalement, c’est surtout une contusion à la cheville qui l’a handicapée pendant la course. Si tout ce chocolat ne lui pèse pas trop sur l’estomac, elle devrait retrouver de l’appétit pour le slalom géant.