Ligue des champions

Face à la Juventus, Young Boys en embuscade

L’équipe bernoise affronte en Italie la Juventus de Turin pour son deuxième match de Ligue des champions. Une rencontre jouée d’avance? Pas si sûr

Deux semaines après sa défaite 0-3 face à Manchester United au Stade de Suisse, Young Boys se déplace en Italie pour affronter la Juventus de Turin à l’occasion de son deuxième match de Ligue des champions. Outsiders d’un match annoncé comme déséquilibré, les Bernois tenteront de déjouer les pronostics en surfant sur leur excellente dynamique en championnat. Et face au dernier quart de finaliste de la compétition, Young Boys a des arguments à faire valoir.

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Tombeur de Naples

D’abord d’un point de vue statistique, les champions de Suisse en titre peuvent se targuer de bien réussir face aux clubs italiens avec trois victoires en quatre confrontations. En phase de groupes de l’Europa League 2012-2013, les Bernois s’étaient défaits à deux reprises de l’Udinese (3-1 à l’aller et 2-3 au retour). L’année suivante, ils affrontaient le prestigieux SSC Napoli, troisième du championnat italien. A domicile pour la première rencontre, Guillaume Hoarau, déjà décisif, et ses coéquipiers avaient balayé des Azzurri désarmés (2-0) avant de, toutefois, s’incliner lors du match retour. De son côté, la Juventus affiche un bilan de trois victoires pour une défaite contre les clubs suisses en Coupe d’Europe, mais le dernier de ces matchs remonte à la saison 2002-2003.

David contre Goliath

Pour les champions de Suisse, la rencontre de mardi soir s’annonce très compliquée tant les différences entre les deux clubs sont abyssales. Sportivement, la Juventus aligne une équipe compétitive bâtie pour gagner la plus prestigieuse des compétitions, avec un onze type constitué d’internationaux confirmés. Son attaque de feu, emmenée par Paulo Dybala et Mario Mandzukic, risque de poser de sérieux problèmes à la charnière Von Bergen-Camara. Quant au trio défensif turinois, Barzagli, Chiellini et Bonucci, il est surnommé «la muraille» en raison de son efficacité.

Les chiffres du site spécialisé Transfermarkt résument parfaitement le rapport de force entre les deux formations: la valeur marchande des joueurs du club italien dépasse les 869 millions de francs alors que celle des Bernois plafonne à 74 millions.

L’exemple du FC Bâle

Mais s’il y a un monde entre la Super League et la Serie A, et donc entre ses leaders, tout reste possible. En 2013, personne ne voyait le FC Bâle vaincre Chelsea (1-2 puis 1-0) et Manchester United lors de la phase de groupes de la Ligue des champions de 2017 (1-0), et encore moins Manchester City au match retour des huitièmes de finale en mars dernier (1-2).

Et si la Juve devra se passer de son «serial buteur» Cristiano Ronaldo, Young Boys pourra s’appuyer sur le sien: Guillaume Hoarau. Star de la qualification pour les phases de groupe, le Français empile les buts depuis son arrivée en Suisse. Depuis quatre ans, il marque quinze fois minimum par saison. Cette année, il a déjà scoré à sept reprises en onze matchs toutes compétitions confondues. Entré samedi en fin de match lors de la victoire contre le FC Thoune (1-4) pour se dégourdir les jambes, Guillaume Hoarau devrait être au maximum de ses capacités face aux Italiens.

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Retour de bâton

Mais jusqu’à quel point les champions de Suisse pourront-ils jouer sur deux tableaux? Si leur participation à la Ligue des champions est une parenthèse dorée dans une Super League à sens unique, elle use les organismes. Invaincu en championnat depuis la reprise avec 12 points d’avance sur son plus proche poursuivant, Young Boys doit faire face à un calendrier dantesque. Depuis un mois, les Bernois enchaînent les matchs tous les trois ou quatre jours.

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Si les résultats suivent en ce début de saison, les champions en titre n’ont pas l’habitude de jouer aussi régulièrement à un tel niveau et, après un nouveau match de gala ce mardi en Italie, il faudra se replonger dans les affaires courantes dès samedi, contre Lucerne.

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