L’UEFA a frappé fort vendredi soir: le gendarme financier de l’instance européenne a exclu Manchester City des Coupes d’Europe pour les deux prochaines saisons pour avoir enfreint les règles du fair-play financier. A côté, l’amende de 30 millions d’euros passe presque inaperçue. Le champion d’Angleterre en titre a mis moins d’un quart d’heure à réagir en publiant un communiqué aussi offensif que le jeu de son équipe pour annoncer qu’il allait faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

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«Manchester City est déçu mais pas surpris par l’annonce faite aujourd’hui» par la Chambre de jugement de la Commission de contrôle financier des clubs (ICFC), a commenté le club sur un ton plein de défiance. L’ICFC reproche au club entraîné par Pep Guardiola de s’être rendu coupable de «graves violations» des règles du fair-play financier (FPF), qui interdit à un club engagé en compétition européenne de dépenser plus que ce qu’il gagne et encadre étroitement les injections de capitaux de la part des propriétaires.

Contrats de sponsoring surévalués

Le club, propriété d’un membre de la famille régnante d’Abu Dhabi, est sanctionné pour avoir «surévalué les revenus issus des contrats de sponsoring, dans ses comptes portant sur la période 2012-2016». De ce fait, City est «exclu des compétitions européennes pour les saisons 2020/21 et 2021/22», a décidé l’UEFA. En 2014, le club s’était déjà vu infliger une amende de 60 millions d’euros, dont 20 millions ferme, pour avoir enfreint les règles du FPF.

Dans sa réaction, le double champion d’Angleterre en titre a tiré à boulets rouges sur la procédure et ceux qui l’ont menée. «Pour dire les choses simplement, c’est une affaire lancée par l’UEFA, (qui a conduit à) une enquête menée par l’UEFA et jugée par l’UEFA», a résumé City. L’enquêteur en chef de l’ICFC, l’ancien premier ministre belge Yves Leterme, même s’il n’est pas directement nommé, est aussi visé par le club. «En décembre 2018, le chef enquêteur de l’UEFA avait publiquement annoncé l’issue et la sanction qu’il comptait prononcer à l’encontre de Manchester City, avant même qu’aucune enquête n’ait débuté», a déploré le club. En mai, plusieurs médias avaient effectivement rapporté que M. Leterme recommandait une suspension de la Ligue des champions dans un rapport transmis à la Chambre de jugement.

«Une procédure biaisée»

«Maintenant que cette procédure biaisée est terminée, le club va chercher à obtenir un jugement impartial aussi rapidement que possible et va, dans ce sens et dans un premier temps, entamer une démarche auprès du Tribunal arbitral du sport dans les meilleurs délais», a conclu City qui estime avoir «un vaste ensemble de preuves irréfutables pour appuyer [sa] position».

Le point de départ de l’enquête ouverte par l’UEFA avait été les Football Leaks, une enquête réalisée par un consortium de journaux européens, qui avait révélé le recours par le club mancunien à des contrats de sponsoring surévalués et à des contrats détournés pour alléger sa masse salariale.

Exode des joueurs en vue?

Si les faits reprochés à Manchester City sont antérieurs à l’arrivée de Pep Guardiola, une suspension confirmée par le TAS aurait de graves répercussions sur l’équipe actuelle. C’est d’ailleurs sur ce point qu’ont insisté les journaux britanniques samedi matin. Titrant «Exode à l’Etihad», le Sun annonce «la fin d’une dynastie», celle qui a révolutionné la Premier League. Car Manchester City perdrait non seulement ses meilleurs joueurs, achetés à prix d’or, mais aussi Pep Guardiola, l’homme qui leur a fait pratiquer un football encore jamais vu jusque-là sur l’île.

Sans attendre, le Sun l’envoie déjà à Barcelone. Guardiola et City iront d’abord à Madrid le 26 février, pour y défier le Real en match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Une épreuve qui prend sans doute une tout autre importance désormais pour les Citizens.