L’UEFA doit-il s’attendre à une nouvelle bataille juridique, pour imposer son fair-play financier? Le club officiel des supporters de Manchester City a en tout cas déposé une plainte contre l’association européenne de football. Les fans des «Sky Blues», estimant que la règle d’équilibre financier imposée à tous ceux qui veulent participer aux compétitions européennes, est anti-concurrentielle, puisqu’elle empêche la progression des équipes qui veulent investir.

Puisque l’UEFA est basée à Nyon, cette plainte est déposée auprès de la Commission de la concurrence (ComCo), précise l’avocat Jean-Louis Dupont, auteur d’un communiqué envoyé lundi après-midi. Dans cette affaire, cet homme de loi belge, devenu célèbre pour son implication dans l’arrêt Bosman, en 1995, qui a libéralisé le marché des transferts de joueurs, compte déjà parmi ses clients un agent, Daniel Striani. Lui aussi a déposé plainte devant la Cour de justice européenne, ainsi qu’auprès un juge liégeois.

Bruxelles a déjà plusieurs fois accordé son soutien officiel au règlement de l’UEFA, qui vise à rétablir une certaine solidité financière dans un football européen où la surenchère était en train de mener des clubs à la faillite pure et simple. Contactée par Le Temps, l’UEFA n’a pas donné suite à notre sollicitation, lundi. Mais en septembre dernier, dans nos colonnes, son secrétaire général y répondait déjà: «Le fair-play financier n’empêche pas de grandir, il soutient ceux qui veulent le faire de manière saine». Gianni Infantino avouait aussi que «l’argument du plaignant est… kafkaïen».

Si les supporters de Manchester City passent à l’action, c’est parce que leur club est l’un des premiers «grands d’Europe» à avoir été sanctionné, en mai 2014, en compagnie d’un autre ambitieux, le Paris-St-Germain.

Egalement contactée lundi, la Comco assure ne pas avoir encore reçu les documents dont il est question. Mais avant même que cela soit le cas, l’autorité suisse de la concurrence émet un doute sur sa légitimité dans cette affaire. Elle rappelle qu’elle est uniquement habilitée à enquêter sur des affaires qui «ont un effet sur la concurrence et/ou sur les prix en Suisse».

Ce qui n’est visiblement pas le cas de l’affaire en question. Ce, même si Jean-Louis Dupont souligne que les plaignants pensent que la Comco «aura sans doute à cœur de veiller à ce que le territoire suisse ne puisse pas impunément être le siège d’organisations internationales qui, au départ de la suisse, adoptent et mettent en œuvre des accords anticoncurrentiels affectant le commerce, non seulement en Suisse mais dans l’Europe toute entière».