«L'arnaque des visas pour Moscou provoque la colère des fans», titre le Times du 1er mai. Voilà qui résume bien l'ambiance sereine qui entoure la finale de la Ligue des champions qui se déroulera le 21 mai à Moscou. Au cœur de la rogne des supporters: la difficulté à obtenir des visas pour la Russie.

Le coup de sifflet de l'arbitre vient d'entériner la victoire de Chelsea en prolongations (3-2) face à Liverpool que déjà les fans se précipitent à l'ambassade de Russie. En quelques heures, le serveur de la mission soviétique est pris d'assaut et les lignes de téléphone sont surchargées. Les organisateurs de la finale avaient longtemps espéré que les supporteurs arrivant en charters seraient dispensés de visa, mais le ministre des Affaires étrangères s'y est opposé.

Les relations diplomatiques entre Londres et Moscou se sont nettement refroidies depuis 2006 et la mort de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko par empoisonnement au polonium 210 à Londres.

La sécurité en question

Pour permettre de répondre à la demande, l'ambassade de Russie a délégué la délivrance des visas à une firme privée. L'opération est coûteuse et le prix des sésames est passé de 113 à 163 francs. Une augmentation que dénoncent bruyamment les responsables des associations de supporters anglaises, qui réclament du même coup le rapatriement de la finale à Wembley. Moscou est déjà une ville extrêmement coûteuse et, selon le quotidien anglais The Guardian, les fans pourraient dépenser plus de 7000 francs pour assister au match. Pour renforcer la grogne des Britanniques, plus aucun billet n'est disponible par la voie officielle, et le marché noir a pris le relais. Par ailleurs, tous les hôtels de Moscou affichent complet.

Les problèmes de sécurité préoccupent également les responsables russes et britanniques, qui craignent l'arrivée massive de hooligans pour cette première finale anglo-anglaise. 50000 supporters sont attendus dans la capitale. Les autorités britanniques ont déjà demandé aux fans interdits de stade de déposer leur passeport aux postes de police durant la période de la finale. Pour minimiser les risques d'incident, il a également été décidé de faire atterrir les supporters des deux équipes dans deux aéroports différents et de les transporter ensuite vers le stade grâce à plusieurs milliers de cars.