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Iouri Gazinski vient d’ouvrir le score et la fan-zone de Samara exulte.
© Lionel Pittet ©

Coupe du monde 2018

Et la fan-zone de Samara s’embrasa

Les supporters russes massés sur la place Kuibyshev, la plus grande d’Europe, ne croyaient pas à des débuts réussis de leur Sbornaja. Ils ont été déçus en bien par le très net succès obtenu contre l’Arabie saoudite lors du match d’ouverture (5-0)

«Si on va gagner ce soir? Vous avez de l’humour, vous, les Suisses. Ou alors vous ne connaissez pas notre équipe.» Accoudé à une table haute de la fan-zone de Samara alors que la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde se termine par les courts discours de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, Evegeny est venu voir le match, «comme tout le monde». Mais «comme tout le monde», il refuse de se faire des illusions. Même contre une peu redoutable équipe d’Arabie saoudite, la Russie aura de la peine à s’imposer, pense-t-il.

Deux heures plus tard, il a pu rentrer chez lui déçu en bien: la Sbornaja n’a fait qu’une bouchée de son adversaire oriental. Elle menait 2-0 à la mi-temps. Elle a marqué trois buts supplémentaires après la pause. Le match d’ouverture tant redouté a viré au triomphe.

Samara se situe à 1000 kilomètres du Stade Loujniki, plus près de la frontière kazakhe que de Moscou. Cela n’a pas empêché la foule de frémir à chaque mouvement offensif russe et de s’embraser à chacun des cinq buts. Pour animer les villes hôtes même lorsqu’elles n’accueillent pas de rencontre, la FIFA y déploie de grandes fan-zones avec écran géant, stands de restauration et animation en tout genre depuis la Coupe du monde allemande en 2006. En Russie, elles sont au nombre de onze et leurs capacités s’échelonnent entre 10 000 personnes pour les plus petites et 25 000 pour les plus grandes, à Moscou et Rostov-sur-le-Don.

Le Mondial du contraste

A Samara, neuvième ville du pays avec ses 1,169 million d’habitants, 20 000 personnes peuvent se réunir sur la place Kuibyshev, qui passe pour la plus grande d’Europe. L’immense statue de l’officier de l’Armée rouge qui lui donne son nom se dresse devant le monumental Théâtre académique d’opéra et de ballet. On jurerait que l’écran géant, tendu juste en face, a été installé pour lui, si une tour de télévision ne lui bouchait pas la vue…

Trois heures avant le coup d’envoi du match, le site ouvre ses portes et se retrouve vite envahi de milliers de personnes enthousiastes. La bière est fraîche, pas plus chère qu’ailleurs (environ 5 francs suisses le demi-litre) et le spectacle incite à la fête. En attendant que roule le ballon se succèdent sur scène fanfares, ensembles folkloriques, groupes de rock et beat-boxeurs, et tant pis pour la cohérence artistique. Après tout, sur une place iconique de l’Union soviétique décorée aux couleurs des sponsors internationaux de la FIFA, ce n’est pas le plus étonnant des mélanges de genres.

La Coupe du monde en Russie sera un mois tout en contrastes. Il est particulièrement saisissant en entrant dans la fan-zone, étonnant cocon au cœur de la cité. Hors de ses palissades, la présence des forces de l’ordre est incontournable. Les policiers veillent tous les 50 mètres. En une petite heure de balade, des rives de la Volga au bunker construit pour accueillir Staline en 1942, nos papiers ont été contrôlés quatre fois.

Festival offensif

Mais sitôt les détecteurs de métaux de la place Kuibyshev franchis, le service de sécurité devient discret, sinon invisible. S’y substituent d’innombrables bénévoles avenants et proactifs. «Nous sommes 2600 à Samara, et nous avons tous passé un examen d’anglais avant d’être acceptés», nous explique Irina, petite blonde d’une vingtaine d’années à l’accent parfait.

L’heure du coup d’envoi approche et les rangs se serrent. Beaucoup sont venus grimés. Emmaillotés dans des drapeaux. Quelques doutes quant aux qualités réunies au sein de l’équipe nationale de football ne suffisent pas à éteindre le patriotisme. L’hymne russe est repris en chœur, le poing levé ou l’écharpe brandie.

Les premiers instants de la rencontre en donnent vite le ton. L’Arabie saoudite de l’Argentin Juan Antonio Pizzi, passé par le Barça, s’applique à jouer court, réfléchi, intelligent, mais cette philosophie ne tolère pas les imprécisions, et elles sont nombreuses sur la pelouse moscovite.

La Russie s’embarrasse moins de la forme mais met du cœur à l’ouvrage, et cela paie rapidement. D’une jolie tête croisée, Iouri Gazinski ouvre la marque à la 12e minute de jeu. Entré en jeu suite au claquage d’Alan Dzagoev, Denis Cheryshev double la mise juste avant la mi-temps. Lui aussi sur le banc au coup d’envoi, Artem Dzyuba inscrira le troisième, avant que l’Arabie saoudite s’effondre en toute fin de match et encaisse deux buts dans les arrêts de jeu. La nuit tombe sur Samara, qui accuse une heure de décalage horaire sur Moscou, quand le dernier est tombé sur un superbe coup franc direct d’Aleksandr Golovin.

A cet instant, la dense foule massée sur la place Kuibyshev a vu les caméras de télévision s’arrêter sur le visage incrédule de Vladimir Poutine. Des rires. Des hourras. Comme leur président, les Russes n’escomptaient pas pareil feu d’artifice pour le début de leur Coupe du monde.

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