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Stan Wawrinka, quittant le court après sa défaite au premier tour du tournoi de Roland-Garros, lundi 28 mai 2018.
© Jean Catuffe/Getty Images

L'œil du court

Il faut donner du temps à Stan Wawrinka

Retombé au 250e rang mondial après son élimination au premier tour de Roland-Garros face à l’Espagnol Guillermo Garcia-Lopez (6-2 3-6 4-6 7-6 6-3), le Vaudois doit se montrer patient et constant, estime Marc Rosset dans sa chronique au «Temps»

Vous souvenez-vous du Roland-Garros 2014 de Stan Wawrinka? C’était juste après sa victoire à l’Open d’Australie… Il était tête de série numéro 3 et il avait perdu au premier tour contre Guillermo Garcia-Lopez en quatre sets, 6-2 6-0 dans les deux dernières manches. Qu’il perde quatre ans plus tard contre le même adversaire, en cinq sets cette fois, n’a rien de déshonorant. Normalement, c’est lui qui est le plus fort physiquement lorsque le match va en cinq sets.

Logiquement, ce n’était pas le cas hier parce que pour être fort physiquement, il faut enchaîner les matches.Stan Wawrinka essaye de revenir à son meilleur niveau et c’est difficile. Il ne doit pas se décourager – je ne pense pas que ce soit le cas – et il faut aussi que les gens lui foutent un peu la paix, cessent de demander ce qui se passe et le laissent bosser tranquillement pendant quelques mois. Juan Martin del Potro a mis un an à retrouver ses sensations. Ce sera peut-être pareil pour Stan.

Les ingrédients qui manquent 
à l’entraînement

A Genève, je l’avais trouvé bon contre Donaldson au premier tour, puis moyen contre Fucsovics. Face à Garcia-Lopez, son premier set n’est pas terrible mais derrière, il mène 2 sets à 1, a un break d’avance, se procure une balle de match. Il n’est pas très loin… Le «problème», c’est qu’en compétition, il faut composer avec des éléments qu’on ne peut pas intégrer dans un entraînement: le stress, l’adrénaline, le public, la dureté d’un match en cinq sets.

Sans oublier que l’adversaire a aussi le droit de bien jouer. Stan Wawrinka va perdre ses points de l’an dernier (il était finaliste face à Nadal) et chuter au classement, aux alentours de la 250e place. Ce n’est pas trop grave dans la mesure où son statut de triple vainqueur de Grand Chelem lui offrira des wild cards un peu partout mais il lui faudra désormais avoir un peu de chance au tirage au sort pour s’épargner des gros matches dès les premiers tours. Il doit donc à la fois gratter des points dans les tournois Masters 1000 et les Grands Chelems, sans pourtant se focaliser sur son classement. Les grands joueurs essayent de récupérer leurs sensations, parce qu’ils savent pour l’avoir déjà vécu que le reste suit.

Le tournoi continue donc, sans aucun Suisse dans le tableau masculin. Il manque également Andy Murray et je ne suis pas sûr que Novak Djokovic, malgré ses récents progrès, soit suffisamment armé mentalement pour aller très loin. Il n’a pas levé de trophée depuis dix-huit mois et risque de manquer de repères, de certitudes, lorsqu’il faudra se sortir d’un match piège. Parfois, l’adversaire est «en chaleur» et vous vous en sortez à l’expérience, en allant puiser dans votre force intérieure la confiance que vous avez emmagasinée auparavant.

Vainqueur moral

Les jeunes, Alexander Zverev et Dominic Thiem, commencent à accumuler cette confiance qui est le carburant des grands champions. J’aimerais bien voir l’un des deux en finale. Je pense que ce serait bon pour l’ATP et bon pour le tennis. Cela nous aiderait à sortir de cette période de flottement où, derrière Nadal et Federer, on ne sait plus qui est classé combien. Est-ce que Zverev et Thiem en sont déjà capables? Pour le moment, ils brillent dans les Masters 1000 mais ils paraissent un peu justes dans les Grand Chelem, même si Thiem est allé deux fois en demi-finale à Paris.

Le grand favori est bien sûr Rafael Nadal, d’autant que les gros clients sont tous dans l’autre moitié de tableau. Puisque Roger Federer ne joue pas et que Stan Wawrinka est éliminé, je m’autorise à souhaiter sa victoire. Nous ne sommes pas lassés de voir Federer remporter Wimbledon, pourquoi devrions-nous l’être pour Nadal? S’il devait y avoir un vainqueur moral de Roland-Garros, ce serait lui chaque année. Il faut voir avec quelle intensité et quelle minutie il se prépare! J’ai eu l’occasion de l’observer à l’entraînement, il est d’une implication totale.

Récemment à Monte-Carlo, il est allé taper des balles pendant une heure après une victoire parce qu’il n’était pas satisfait d’un aspect de son jeu. Il ne fait pas ça pour gagner Monte-Carlo; il le fait parce qu’il pense à Roland-Garros. Avoir déjà gagné dix fois le tournoi n’enlève rien à sa motivation. Je trouve cela extraordinaire. Si les jeunes doivent prendre quelque chose de lui, c’est ça: jouer pour les grands titres, pas pour les points ATP ou le prize money.

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