Ancien capitaine de l’équipe de Suisse de football, docteur en psychologie et psychothérapeute, Lucio Bizzini a créé le premier syndicat suisse des joueurs de football, introduit en équipe nationale l’approche psychologique des matchs, et cofondé l’Association suisse de psychothérapie cognitive. Il intervient régulièrement dans Le Temps sur le sport.

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Beaucoup de sociologues, psychologues, journalistes et autres acteurs de la réflexion autour du sport ont écrit à propos du racisme qui, ces derniers temps, est en augmentation un peu partout en Europe, dans les stades et sur les réseaux sociaux. L’organisme britannique de lutte pour l’égalité dans le football Kick It Out notait une hausse de 58% des incidents liés au racisme et à l’homophobie en 2018. Ce qui fait dire à tous ces spécialistes que le sport n’est que le reflet d’une société arrivée au bout de son essor socioculturel malgré le fait qu’elle n’a jamais été aussi «éduquée».

Nelson Mandela disait que «l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde». Or, la grande majorité des spectateurs impliqués dans les actes de racisme au stade ont au moins huit ans de scolarité, sinon plus. Constat décevant… Ces phénomènes sont reconnus comme le fait d’une société en mal de justice sociale. La frustration de ne pas pouvoir être protagoniste dans la vie de tous les jours, les humiliations subies dans le milieu professionnel, l’impossibilité de consommer comme on le souhaite trouvent un défoulement dans le stade et dans le supportérisme.