Football

Le FC Bâle est (encore) champion de Suisse

Vainqueur 2-1 à Lucerne vendredi soir, le club rhénan fête son vingtième titre national, le huitième consécutif, à six journées de la fin d'un championnat qu'il aura écrasé de bout en bout

Il faut que tout change pour que rien ne change. Depuis 2010, le FC Bâle a connu deux présidents,  engagé cinq entraîneurs et transféré des dizaines de joueurs. Cela n'a en rien modifié l'issue du championnat de Suisse de Super League: à la fin, c'est Bâle qui gagne. Vendredi, le club rhénan s'est assuré un huitième titre consécutif en allant gagner à Lucerne (2-1). A six journées de la fin, les Bâlois comptent 24 points d'avance sur Young Boys. Ils ne peuvent désormais plus être rejoints, au cas où quelqu'un en avait eu l'idée.

Pour ne pas s'ennuyer d'ici la fin du championnat, le FC Bâle peut s'amuser à chasser ses propres records: record de points (85), du nombre de buts marqués (90) ou de la meilleure différence de buts (+54). Il va surtout s'efforcer de préparer au mieux la finale de la Coupe de Suisse le 25 mai au Stade de Genève contre le FC Sion. En coupe, le grand FC Bâle (11 victoires) reste sur trois finales perdues d'affilée (2013, 2014, 2015).

En 2015: 6-0, Bâle au centre

Deux étoiles sur le maillot

Les joueurs d'Urs Fischer ont fêté ce sacre en revêtant un tee-shirt frappé de deux étoiles dorées. Elles orneront désormais l'écusson rotblau. Une étoile pour dix titres, c'est la tradition. Bâle en compte désormais vingt. En Suisse, seul Grasshopper a fait mieux (27 titres).

Le dernier titre de GC remonte à 2003. Stéphane Chapuisat était encore de la partie. C'est à ce moment-là que Bâle a émergé, après vingt ans de vaches maigres. Selon le modèle économique en vigueur dans le football suisse, le FCB est encore soutenu par un mécène (Gigi Oeri) mais il développe en parallèle une structure de formation et de recrutement très efficace. Le nouveau stade, parfaitement pensé et conçu, offre de nouvelles sources de revenus. Le soutien populaire et le rappel des enfants du pays (les frères Yakin, puis Alexander Frei et Marco Streller) font le reste. Bâle se met à tout gagner, participe régulièrement à la Ligue des Champions, vend ses meilleurs joueurs, en forme d'autres (Rakitic, Petric, Xhaka, Shaqiri, Stocker, Schär, Sommer, Embolo).

Le tournant de 2011

Cette série de huit titres consécutifs a pourtant bien failli ne jamais débuter. Lors de la saison 2010-2011, Bâle est à la lutte avec le FC Zurich de Ludovic Magnin. «On les reçoit à deux journées de la fin, raconte l'ancien latéral vaudois. Il y a Frei, Streller, Shaqiri, Xhaka, la grosse équipe, mais on doit leur mettre 5-0 à la mi-temps. Au lieu de ça, on fait 2-2 et on perd derrière le derby contre GC et le titre. C’est l’année où le champion de Suisse est directement qualifié pour la Ligue des Champions. Si on gagne, on ramasse 30 millions, Bâle est obligé de vendre quelques joueurs pour compenser et le rapport de force s’inverse.»

Bâle, roi fainéant

A Lucerne vendredi, les deux buts bâlois ont été inscrits par Seydou Doumbia et Renato Steffen. Deux joueurs qui incarnent la politique récente du FC Bâle, et peut-être ses limites. Doumbia est un mercenaire qui a échoué à s'imposer dans les grands championnats européens, Steffen un bon joueur local piqué à un rival (YB). Ces dernières années, Bâle a ainsi assis sa domination domestique, en profitant de sa position dominante plus qu'en se creusant la tête pour dénicher des perles, de culture ou d'importation.

Les dirigeants du club ont senti le danger, et peut-être la lassitude du public. L'an prochain, Bâle aura un nouveau président, Bernhard Burgener, un nouveau directeur sportif, Marco Streller, un nouveau conseiller stratégique, Alexander Frei, un nouveau chef de la relève, Massimo Ceccaroni et un nouvel entraîneur, Raphaël Wicky. Il faut que tout change pour que rien ne change.

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