Le premier pas, c’est y croire. Oublier que Manchester United n’a perdu qu’un seul – chez le Bayern Munich en 2010 – de ses vingt-cinq derniers matches à l’extérieur en Ligue des champions. Y croire. Se rappeler que la Suisse a bien battu l’Espagne lors de la dernière Coupe du monde, que l’incertitude participe à la magie du foot, qu’à l’impossible chacun est tenu… Blablabla. La vérité, c’est que le FC Bâle possède environ une chance sur cent, ce mercredi soir au Parc Saint-Jacques, de réaliser le plus grand exploit de son histoire. Mais il la possède, et cela souligne l’excellent parcours réalisé jusqu’ici.

En cas de victoire contre Manchester United, donc, les joueurs de Heiko Vogel chiperaient aux Anglais la deuxième place qualificative pour les huitièmes de finale, derrière Benfica. Une peformance qui dépasserait, sur l’échelle de la sensation, le flamboyant 3-3 contre Liverpool en novembre 2002, qui avait éliminé les Reds tout en qualifiant le FCB pour la deuxième phase. Oublier que Manchester United n’a pas le droit de perdre; se dire que tout est permis, y compris un grain de folie pour déstabiliser le mastodonte qui, parfois, peut vaciller. Croyant l’affaire pliée à 2-0 en sa faveur, fin septembre lors du match aller, le Goliath un peu flapi avait failli se faire piéger, avant de sauver les meubles in extremis (3-3). Sans Javier «Chicharito» Hernandez ni Dimitar Berbatov, blessés, mais avec Wayne Rooney et sa somme d’expérience, Manchester United peut-il trembler?

Il faut y croire, ne serait-ce que parce que FC Bâle n’incarne pas «l’horrible jeu imprécis, maladroit et inintelligent qui distingue la plupart de nos équipes» (lire ci-dessous). Il représente le plus joli visage du football helvétique contemporain. Et on a quelque raison de penser qu’Alexander Frei, Xherdan Shaqiri ou Marco Streller ont les moyens, le temps d’une soirée parfaite, de faire basculer un tel match.

L’ennui, c’est que Sir Alex Ferguson, immense manitou des Red Devils, est au courant. Depuis qu’il a battu le Real Madrid en finale de la Coupe des coupes 1983 à la tête du… Aberdeen FC, l’Ecossais sait qu’en football, tout peut arriver. Et depuis qu’il entraîne ManU, il n’aime pas les surprises…