Le FC Sion a d'ores et déjà rempli son contrat cette saison. Si le maintien est assuré, personne au club ne souhaite cependant s'arrêter en si bonne voie. Le championnat est serré et chacun tient à jouer les trouble-fête. «Maintenant que nous sommes dans les huit, tout est jouable, affirme même Gilbert Kadji. Nous ne sommes qu'à cinq points de la tête et nous envisageons la compétition en outsiders sérieux. Nous devons oublier la joie du premier tour pour aller de l'avant.» Un exploit dimanche face au leader Lugano apporterait du crédit à l'ambition présidentielle tout en lançant les bases d'un printemps en forme de bonne surprise.

Mine de rien, les Valaisans ont besoin de résultats. D'une part pour répondre aux attentes d'un public toujours prêt à s'enflammer, mais exigeant. D'autre part, afin de véhiculer une image positive du club en des temps passablement troubles. L'avenir du club se joue actuellement en coulisses. Le président Kadji aspire à partager le pouvoir avec des entrepreneurs régionaux. Il est évident qu'un FC Sion brillant et européen sera plus à même d'attirer d'éventuels sponsors qu'une pâle formation végétant en queue de classement.

L'opération séduction a commencé et le temps presse. Cette semaine, Gilbert Kadji sera en Valais pour rencontrer les membres d'un groupe de repreneurs potentiels. Après un premier contact téléphonique, l'homme d'affaire camerounais semble optimiste: «Nous sommes en passe de trouver une solution. Ces gens souhaitent que je reste dans le paysage, mais ils donnent l'impression de vouloir s'investir. Nous allons unir nos forces, car un club ne doit pas reposer sur un mécène, mais sur différents partenaires financiers. S'il provient d'une seule bourse, un million de francs a beaucoup moins de valeur que s'il provient d'un club de supporters.» L'homme qui réclame le réveil des investisseurs valaisans depuis son arrivée va-t-il enfin être entendu? C'est ce qu'espèrent le staff et les joueurs sédunois, dont la courte grève du mois de janvier a porté ses fruits, puisque les arriérés de salaires ont désormais été versés.

L'entraîneur Henri Stambouli, qui a refusé de quitter le navire durant la trêve en repoussant une offre flatteuse du Lausanne-Sports, croit en l'avenir du club: «Nous avons l'occasion de nous mêler à la lutte pour le titre tout en intégrant des jeunes afin de préparer la suite. Alors, profitons-en!» A l'image de ses joueurs, le Marseillais est pour l'instant dans l'incertitude, ce qui n'entame en rien son enthousiasme. Après tous les services qu'ils ont rendus au club, sa troupe et lui mériteraient aujourd'hui qu'on leur apporte de nouvelles garanties.