C'est là que tout a commencé. Les trois bêtes noires – Nalbandian, Agassi, Ferrero – épinglées une à une. Masters de Houston, 16 novembre 2003. Naissance d'un champion. «Tout a changé depuis ce tournoi», reconnaît Roger Federer.

Le nouveau Masters qui commence ce lundi couronnera un numéro un mondial intouchable, père d'une jolie couvée de records. Seule une blessure bénigne a contrarié sa suprématie, non sans l'«humaniser». Cette alerte incitera Federer à davantage cibler ses objectifs, dont le principal consiste à tenir son rang. Qui pourrait bien l'en empêcher? Andy Roddick a suffisamment de puissance et de fougue pour repousser les assauts d'un rhinocéros, mais sa culture tactique est encore celle d'un gnou. Andre Agassi devient économe de ses énergies, Juan Carlos Ferrero se découvre une santé fragile, Lleyton Hewitt est d'abord un monstre de bravoure, Guillermo Coria un terrien.

Reste Marat Safin. Peu d'équivalent sur le circuit: du métier, du génie, un potentiel athlétique énorme. Problème: ce corps inespéré est surmonté d'un esprit torturé. Pour guérir de son intransigeance, Safin s'est tourné vers le coach qui, quatre années durant, a apprivoisé le tempérament colérique et insatisfait de Federer: Peter Lundgren, ancien joueur excentrique aux rondeurs éloquentes. Le duo renaît à l'ambition. «Cette année, Roger était largement au-dessus de tout le monde, consent Safin. Il sera difficile de le rejoindre à un niveau aussi élevé, mais je suis déterminé à redevenir le joueur que j'étais.»