La demi-finale 100% suisse qui opposait samedi Roger Federer à Stanislas Wawrinka s’est soldée par une victoire du Bâlois. La dixième en onze confrontations. Le numéro quatre mondial s’est imposé en deux sets 7-6 (7-5) 6-2 au terme d’un match toutefois disputé et au cours duquel le Vaudois, plus agressif, a confirmé ce regain de forme liée à sa nouvelle vie sans coach.

«Dans l’ensemble, j’ai fait un bon match. J’ai essayé de tenir ma ligne de jeu. Il y a du positif et du négatif. Je pense que vous allez plutôt retenir le négatif et écrire que j’ai encore perdu une fois contre Roger. Je m’étais fixé comme objectif d’être plus agressif, de rester plus proche de ma ligne, de le retourner tout le temps en lift parce que d’habitude je le retourne plutôt en slice et lui laisse plus de temps. Il ne manquait pas grand chose»,a analysé Wawrinka qui repart satisfait de sa campagne bâloise.

Federer, de son côté, a confirmé qu’il avait eu affaire à un «Stan» plus coriace: «J’ai bien joué. Mais lui aussi. Contrairement aux autres fois, il a pu faire ce qu’il voulait, ce qu’il pensait. Ce n’est pas un coach qui lui a dit de faire ci ou ça. Il a pu jouer plus librement. Je savais qu’il serait dangereux aujourd’hui. Il est beaucoup monté au filet, était plus agressif que d’habitude et c’était un bon choix en indoor. Il n’est pas parti battu d’avance. Pour moi, gagner le premier set a été la clé du match. Après ça, j’étais un peu plus libéré. Et lui un peu plus crispé. Ce n’est jamais facile de jouer l’un contre l’autre mais pour le public c’était super que l’occasion se présente. Et Stan a disputé un très bon tournoi.»

Dimanche, Federer disputera sa sixième finale d’affilée aux Swiss Indoors de Bâle face à Kei Nishikori. Le Japonais a créé la surprise en battant (26 7-6 6-0) un Novak Djokovic diminué par une douleur à l’épaule et qui pourrait bien déclarer forfait pour le tournoi de Paris Bercy la semaine prochaine.

Federer a avoué ne pas être déçu de ne pas avoir l’occasion de prendre sa revanche contre le numéro un mondial après sa douloureuse défaite contre lui en demi-finale de l’US open: «Honnêtement, je me réjouis de jouer contre Nishikori. C’est quelqu’un que j’apprécie. On s’est pas mal entraîné ensemble il y a cinq ans à Miami quand il est arrivé sur le circuit. Je le trouvais très bon. Il a été blessé par la suite et n’a pas réussi à percer aussi rapidement qu’il aurait pu. Pour moi, c’est sympa de le voir progresser et pour lui c’est sympa de jouer contre moi. » Même si Nishikori n’est que 32e au classement mondial et peut tomber dans le piège de l’intimidation dans une finale face à son « idole et son modèle», le Bâlois affirme qu’il devra se méfier de cette première confrontation: «Un joueur qui peut battre Novak en demi-finale a clairement sa chance en finale. Je reste le favori de la rencontre mais ça ne sera pas facile. Il a de supers coups, un bras rapide et en ce moment il est «on fire». Il a atteint les demi-finales à Shangaï et va tenter sa chance ici.»

La perspective de pouvoir jouer contre Federer a été une source de motivation supplémentaire pour le jeune Japonais dans son parcours jusqu’en finale. Au moment du tirage au sort, il y a une semaine, il avait avoué espérer tomber dans la même moitié de tableau que l’homme au 16 titre du Grand Chelem. « Et si je tombe du côté de Djokoivc, il me faudra alors aller jusqu’en finale.» Cette admiration touche Federer: «Ça fait bizarre de jouer contre un jeune fan. Ça arrive de plus en plus souvent, mais tant que je les bats, ça va. C’est sympa car ça me rappelle l’émotion que j’ai pu ressentir quand, à mes débuts, je pouvais rencontrer les stars que je ne connaissais que de la télévision. Me retrouver tout à coup sur un court en face d’eux était quelque chose de magnifique.»