Roger Federer a l’art de surprendre son monde. Et de garder ses secrets. Alors que la Suisse suivait l’élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral, le Bâlois a annoncé la fin de sa collaboration avec Stefan Edberg. Le placide Suédois s’en retourne à sa famille après deux ans aux côtés de Federer. Histoire de décourager les rumeurs et les candidats, il a confirmé qu’il n’entraînera plus sur le circuit.

Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Roger Federer a rendu hommage à son «idole d’enfance». «Stefan ne devait me suivre que quelques semaines en 2014 et il avait accepté de poursuivre une seconde année, ce que j’avais vraiment apprécié, souligne le Suisse. Il m’a appris tellement de choses que son influence sur mon jeu va perdurer… Il fera toujours partie de mon équipe.»

Celle-ci se compose désormais de Severin Lüthi (coach principal), de Pierre Paganini (préparateur physique) de Daniel Troxler (physio) et d’Ivan Ljubicic, qui remplace donc Stefan Edberg dans le rôle de consultant de luxe. Le Croate, 36 ans, éphémère numéro 3 mondial au cours d’une carrière à la Rosset, entraînait ces deux dernières années Milos Raonic. Sous sa gouverne, le Canadien est furtivement monté à la 4e place mondiale avant d’en redescendre en raison de blessures à répétition.

Ljubicic n’a jamais été l’idole de jeunesse de Federer. Plutôt un bon pote, à la fois joyeux compagnon et homme de réflexion (il a longtemps été président du conseil des joueurs de l’ATP). Il fut aussi un soutien fidèle qui sut prendre la parole les rares fois où Federer fut attaqué. Récemment, il a dit tout le bien qu’il pensait de la nouvelle stratégie d’attaque du Bâlois, ce qui laisse penser qu’il l’encouragera dans des filières courtes et des montées au filet.

Comme d’autres avant lui, il lui faudra trouver sa place au sein d’un team très rodé. Paul Annacone, ancien coach de Federer qui garde un souvenir mitigé de son expérience (entre 2010 et 2013), suggère dans le New York Times que Ljubicic «parle beaucoup avec Severin Lüthi. C’est une chose de connaître le tennis, mais c’en est une autre que de savoir s’exprimer de façon à être entendu par le joueur».