Wimbledon

Federer-Nadal, le match qui a changé le tennis moderne

Roger Federer et Rafael Nadal disputent vendredi la demi-finale du tournoi de Wimbledon. Ils ne s’y sont plus affrontés depuis la finale de 2008, un match devenu légendaire pour sa dramaturgie mais aussi pour sa symbolique au cœur d’un moment charnière de l’histoire du tennis

C’est sans conteste la plus grande victoire de Rafael Nadal, celle qui lui a ouvert d’autres territoires, et peut-être aussi la plus grande défaite de Roger Federer, celle qui l’a rendu plus humain. C’est de façon quasi unanime le plus grand match de l’histoire du tennis. «Le meilleur que j’ai jamais vu de ma vie», ont dit Björn Borg et John McEnroe, pourtant acteurs ici même en 1980 de l’autre monument du jeu, le match que la BBC rediffusait les jours de pluie, avant que Wimbledon ne s’équipe d’un toit.

Le 6 juillet 2008, Roger Federer et Rafael Nadal ont joué une finale de Wimbledon que personne n’a oubliée, que Nadal a remportée (6-4 6-4 6-7 6-7 9-7) et que les deux hommes s’apprêtent peut-être à revivre, onze ans plus tard. Onze ans sans s’affronter sur le gazon londonien: la statistique paraît incongrue tant leur destin semble lié à ce match baroque, immense, terriblement long (4h48, sans compter les trois interruptions, dont une de 80 minutes, causées par la pluie) et si intense, marqué par de multiples rebondissements, d’un quatrième set sublime, et d’une balle de match frappée deux minutes avant le coucher du soleil. Il y a dans les images de la fin de match quelque chose de la photographie de Barry Lyndon, que Stanley Kubrick a voulu éclairé à la bougie, et qui raconte l’ascension et la chute d’une ambition.