euro 2016

La fête gâchée d’une France revigorée

Silence ou presque sur Paris après la défaite 1-0 des Bleus face au Portugal. La liesse qui s’était emparée des rues tout au long de l’après-midi de dimanche est vite retombée. Mais la belle volonté de l’équipe nationale et de son sélectionneur Didier Deschamps est unanimement saluée

Dans la nuit parisienne, les lettres en néon de l’artiste suisse Sylvie Fleury continuent de dessiner le mot «miracle» au-dessus de la «House of Switzerland», la fan-zone helvétique des quais de Seine, vers la gare de Lyon. Mais de miracle, il n’y en a pas eu dans les dernières minutes de ces prolongations qui ont plongé la capitale française dans la torpeur, l’inquiétude, puis la déception.

L’arbitre vient de siffler la fin du match et le Portugal savoure son sacre de champion d’Europe, obtenu par 1 but à zéro contre les Bleus. Les centaines de supporters tricolores, drapeaux en main ou peintures bleu-blanc-rouge sur les joues, ont compris que cette équipe-là devra attendre pour rejoindre, au panthéon hexagonal du ballon rond, les coéquipiers de Michel Platini (vainqueurs de l’Eurofoot en 1984) ou ceux de Zinedine Zidane, vainqueurs en 2000.

La fin de partie

Dans la rue, le sit-in des fans empêchés d’entrer au club Wanderlust plein à craquer commence à se dissiper. Les drapeaux sont en berne sur la place de la République, à la Bastille, et évidemment sur les Champs-Elysées. Les quelques klaxons entendus sont ceux des Portugais de Paris, à l’exubérance mesurée. Fin de partie. Fin de cet Euro 2016. La France achève la compétition revigorée, mais pas triomphante, comme elle l’espérait tant.

Tout était pourtant prêt. L’Equipe avait titré, en avant-goût de la fête nocturne à venir, «Le jour des seigneurs». On attendait une fulgurance fatale de Griezmann, un débordement conclusif de Sissoko, ou un coup de tête victorieux de Giroud. Las. Le seul vrai moment d’émotion est intervenu durant les arrêts de jeu, lorsque André-Pierre Gignac frappa sur le poteau.

Quelques drapeaux, néanmoins

Déception. Les multiples Marseillaises entonnées à tue-tête sur les terrasses des cafés prises d’assaut n’ont pas suffi. Les fans féminines des Bleus, nombreuses en cette soirée estivale, ne pourront pas savourer les inévitables images de joie virile qu’aurait entraîné une victoire au Stade de France. Spectacle de fans en train de rentrer tranquillement chez eux. Quelques drapeaux tricolores hissés quand même en dehors des voitures.

La descente magistrale des Champs-Elysées, prévue lundi après-midi si les Français avaient été sacrés champions d’Europe, ne ravivera donc pas le souvenir du Mondial 1998. La France a perdu en finale, à domicile. C’est quand même dur à avaler.

Un premier bilan

Fin de l’Euro 2016. Et premier bilan. Sur les visages se lit néanmoins la joie retrouvée d’un pays revigoré. Une élimination au premier tour aurait viré à la tragédie nationale. La demi-finale était l’objectif assigné par la Fédération française de football. La finale et la défaite montrent au moins que jusqu’au bout, cette France-là s’est battue. Pas d’incident sécuritaire majeur, hormis les débordements des hooligans jusqu’au bout, dimanche. Une cinquantaine de personnes interpellées hier près de la Tour Eiffel et du Champ de Mars, mais pas de confrontations violentes de grande ampleur. Une ambiance au final souvent agréable. Pas de faute d’organisation majeure tout au long de cet Euro de tous les dangers, pour lequel l’état d’urgence en vigueur depuis le 13 novembre avait été prorogé.

François Hollande, qui recevra les Bleus à l’Elysée ce lundi à 13 heures, peut estimer la mission accomplie. La France a peiné en finale. Elle a perdu. Mais l’esprit de groupe qui faisait tant défaut est revenu et une nouvelle étoile est née: Antoine Griezmann, sacré meilleur joueur de la compétition. Le président français, avec ses yeux tournés vers l’élection de mai 2017, a quand même une bonne raison de dire que «ça va mieux».


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