Inégalités

Fidji, Tonga et Samoa, chair à tampons du rugby mondial

A la Coupe du monde, les petites nations des îles du Pacifique Sud peinent à rivaliser face aux ténors de la compétition, qui les pillent allègrement de leurs meilleurs joueurs

En 2018, la France a remporté la Coupe du monde de football en Russie tout en ayant 29 autres joueurs (double-nationaux) sélectionnés dans d’autres équipes. En 2019, le Tonga va quitter le Japon et la Coupe du monde de rugby au premier tour, en laissant 22 de ses ressortissants dans les rangs de pays qualifiés pour les quarts de finale. Dans un cas, un grand et riche pays abandonne sans grande conséquence le deuxième choix de son système de formation à ses anciennes colonies. Dans l’autre, un petit royaume de 108 000 habitants n’a pas les moyens économiques de retenir ses meilleurs éléments.

Dimanche 6 octobre, le Tonga a perdu contre la France (23-21). Les deux essais français ont été inscrits par deux joueurs originaires des îles Fidji, Virimi Vakatawa et Alivereti Raka. Les Fidji (900 000 habitants et un titre de champion olympique de rugby à 7 en 2016 aux Jeux de Rio) rentrent aussi à la maison, battus notamment par le modeste Uruguay. Ils laissent quatre joueurs en équipe d’Australie et un dans celle de Nouvelle-Zélande. Eliminés également, les Samoa (196 000 habitants) comptent trois nationaux ou double-nationaux chez les Brave Blossoms japonais, deux chez les Wallabies australiens et un All Black.