Dans un communiqué, la FIFA exige que l’ASF applique l’interdiction de transferts, qui n’a pas été respectée par Sion cet été. La FIFA somme également l’ASF de «sanctionner l’attitude d’un club qui essaie constamment d’échapper à l’interdiction de la FIFA en abusant des procédures juridiques.»

L’institution présidée par Sepp Blatter justifie notamment cet ultimatum avec le jugement du Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a confirmé jeudi dernier l’exclusion du FC Sion de l’Europa League.

Toutefois, si les Valaisans sont punis sur la scène européenne, ils ne le sont pas (encore ?) au niveau suisse. Malgré les protêts de plusieurs équipes, le club présidé par Christian Constantin n’a pas perdu de points au classement.

La Swiss Football League (SFL) a même rejeté l’ensemble des protêts le 8 décembre dernier. La fameuse «erreur regrettable» de la SFL, qui avait qualifié par erreur en août les six nouveaux joueurs du FC Sion, a sans doute joué un rôle dans cette décision.

Une pénalité de points ?

«Tous les matches auxquels ont participé les joueurs concernés (réd: les six recrues estivales) doivent être perdus par forfait ou trois points doivent être déduits pour chacune de ces parties», a insisté la FIFA. «Si cela n’est pas respecté, la Fédération suisse sera automatiquement suspendue dès le 14 janvier.»

Cette suspension concernerait toutes les branches de l’ASF, aussi bien les équipes nationales élite et juniors que les clubs helvétiques. Le FC Bâle ne pourrait ainsi pas jouer contre le Bayern Munich en Ligue des champions le 22 février, et la Suisse ne pourrait pas affronter l’Argentine en match amical une semaine plus tard. Même les arbitres helvétiques ne seraient plus en mesure d’officier au plan international.

L’ASF a réagi en se réunissant d’urgence à Muri et en convoquant les médias. «Nous sommes déçus de la décision de la FIFA, car nos arguments n’ont pas été entendus», a déclaré son président Peter Gilliéron. «De notre point de vue, nos avons fait respecter l’interdiction de transferts imposée par la FIFA contre Sion.» La Fédération a simplement dû se plier à la décision du juge de Martigny qui avait accordé l’effet suspensif.

Si la commission de discipline de la Ligue n’a pas sanctionné le FC Sion, explique M. Gilliéron, c’est parce qu’il qu’il s’agit «d’un organisme indépendant, sur lequel nous n’avons pas d’influence». L’ASF va maintenant tout mettre en oeuvre pour faire respecter les exigences de la FIFA.

Mais selon le président de l’ASF, il semble irréaliste de punir Sion par des défaites par forfait. Le dirigeant pencherait plutôt pour une pénalité en termes de points. «Nous ferons tout pour régler cette affaire», a-t-il promis, ajoutant que de «nombreuses et complexes questions juridiques» allaient se poser ces prochains jours.

Constantin hors-jeu pour Heusler

Les adversaires du FC Sion n’entendent pas rester inactifs. Plusieurs clubs qui avaient déposé protêt contre Sion entendent maintenant porter l’affaire devant le TAS pour obtenir une victoire par forfait. Cela prendra du temps.

Le vice-président du FC Bâle Bernhard Heusler espère qu’une solution sera trouvée - via par exemple le groupement d’intérêt des clubs européens - mais disqualifie le président du FC Sion: «Constantin n’entre pas en ligne de compte. Le point de non-retour avec lui est atteint depuis longtemps.» Le patron du FCB a comparé la position de son club à celle d’un autostoppeur: «Nous sommes assis à l’arrière de la voiture en espérant qu’il n’y ait pas d’accident, dont nous serions les premières victimes.»