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A la FIFA, des salaires élevés mais transparents

Le «Tages-Anzeiger» a décortiqué les salaires des membres et dirigeants des fédérations sportives. La FIFA paie plus mais de façon plus transparente que les autres fédérations

Suite à la démission le 2 avril du président de la Fédération allemande de football (DFB) pour avoir accepté une montre de luxe de la part du vice-président de l’UEFA, le Tages-Anzeiger a enquêté sur la question des salaires perçus au sein des fédérations sportives internationales. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, reçoit chaque année 2,5 millions de dollars, contre 3,4 millions pour son prédécesseur Sepp Blatter en 2015.

Mais c’est surtout côté bonus que la FIFA est devenue plus raisonnable: Sepp Blatter avait touché 12 millions de dollars après la Coupe du monde 2014; Gianni Infantino 550 000 dollars seulement pour le Mondial 2018, et sa secrétaire générale Fatma Samoura 195 000. Les membres du Conseil de la FIFA ont, quant à eux, «reçu entre 250 000 et 300 000 dollars net l’an dernier, pour trois sessions», écrit le média zurichois.

Longtemps critiquée pour son opacité, la FIFA est aujourd’hui, selon le Tages-Anzeiger, la fédération internationale «la plus transparente parmi les 35 admises aux Jeux olympiques. Beaucoup de ces fédérations ne communiquent pas sur les salaires. L’IAAF [Fédération internationale d’athlétisme, basée à Monaco] ne publie même pas de rapport annuel», peut-on lire dans l’article. Jean-Loup Chappelet, professeur à l’Idheap de Lausanne, rappelle que celles qui sont établies en Suisse sont «obligées par la loi d’avoir des comptes audités par des professionnels à partir d’un certain seuil de chiffre d’affaires et plus de 50 employés. Mais elles ne sont pas tenues de publier le rapport.»

Salaire ou indemnités?

A la FIFA, le président du comité d’audit et de conformité, Thomaz Vezel, et la cheffe du comité d’éthique, Maria Claudia Rojas, ont reçu une rémunération de 246 000 dollars. Comment peuvent-ils garantir leur indépendance? «L’autonomie ne repose pas que sur le salaire. On peut se poser la question, mais c’est légal. Seuls les membres de l’organisation peuvent se prononcer sur le sujet», affirme Jean-Loup Chappelet.

Dans ces fédérations, la distinction entre salaire et rémunération est importante, car les dirigeants élus, comme Gianni Infantino, ne sont pas employés. «On parle d’indemnités forfaitaires. Pour le CIO, c’est 450 dollars par jour d’activité et, pour son président, 220 000 euros par an», précise Jean-Loup Chappelet. Des parlementaires fédéraux réclament un changement de statut des fédérations sportives. L’universitaire serait favorable à un statut de coopérative: «Les coopérateurs seraient les athlètes ou les joueurs et ils auraient plus de contrôle sur ce qui se passe au sein des fédérations.»

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