A Zurich, siège de la Fédération internationale de football (FIFA), l’impatience à tourner la page des années noires s’accorde mal du temps long de la justice. Officiellement, la «nouvelle FIFA» que préside Gianni Infantino depuis février 2016 n’a plus rien à voir avec celle, corrompue et dévoyée, de Sepp Blatter. Un dégât d’image lié au procès affecterait plutôt «la justice suisse, car il n’y a eu absolument aucun résultat jusqu’ici après des années d’enquêtes», tacle un porte-parole, en réponse à des questions du Temps.

Partie plaignante à Bellinzone, la «nouvelle FIFA» n’a pas apprécié du tout l’ouverture le 30 juillet d’une enquête visant son président. Ses nombreux avocats, consultants et communicants se sont immédiatement engagés dans une bataille médiatique, n’hésitant pas à contre-attaquer en mettant en cause la probité de certains des critiques les plus radicaux, au premier rang desquels l’expert anti-corruption Mark Pieth. La rémunération de ce professeur de droit pénal de l’Université de Bâle, nommé par Sepp Blatter entre 2011 et 2013 à la tête d’une commission indépendante de gouvernance chargée de réformer la FIFA, a judicieusement «fuité» dans le Blick et Alasdair Bell, secrétaire général adjoint de la FIFA, a insinué que le professeur était peut-être moins désintéressé et transparent qu’il ne le prétendait. «Je crois que la FIFA panique face à l’enquête criminelle ouverte contre son président», a répondu Mark Pieth à l’AFP.