Oubliez Ronaldo, Zidane et Raul. La star du moment en Europe s'appelle Andreï Chevtchenko, 22 ans, attaquant du Dynamo Kiev et de l'équipe d'Ukraine. «Un phénomène, s'extasiait récemment Patrick Vieira, battu avec Arsenal. Il sait tout faire. Et il s'appuie sur une vitesse d'exécution étourdissante pour son grand gabarit.»

Andreï Chevtchenko, 1,83 m pour 73 kg, a été formé à la rude école de Valery Lobanovsky, façonneur du jeu à l'ukrainienne basé sur trois principes – vitesse, simplicité et disponibilité. Il a 9 ans quand les émanations de Tchernobyl l'obligent à quitter Kiev pour un sanatorium des bords de la mer Noire. Dix quand un recruteur du Dynamo le repère dans un match entre gamins et l'intègre au centre de formation. Là, il apprend les rudiments tactiques, grimpe les échelons un à un. Jusqu'à faire la une des journaux espagnols: en novembre 1997, à Barcelone, il marque trois des quatre buts d'une des plus grandes défaites du Barça en Ligue des Champions (4-0).

Depuis, Chevtchenko est devenu la star de l'équipe d'Ukraine, repère de jeunes irrespectueux partis à la conquête de l'Europe. Il a marqué six buts cette saison en Ligue des champions, et se voit déjà faire la leçon aux défenseurs du Bayern ce soir en match aller des demi-finales. Puis, l'année prochaine, il s'en ira en direction du Milan AC. Pour un salaire net dont les estimations donnent le tournis à ses compatriotes: plus de 6 millions de francs suisses par an.