L'an dernier, elles voguaient presque sur la pointe des pieds, discrètement dans le sillage de ces messieurs. L'équipage 100% féminin du Lady Cat de Dona Bertarelli, emmené par Karine Fauconnier, avait pour objectif de prendre ses marques. Pour leur deuxième saison, ces dames ont un seul but: «Faire mieux que l'an dernier (ndlr: 9e sur dix), confie la barreuse française. On espère surtout être plus efficaces sur les Grand Prix, notre point faible.»

Les régates entre trois bouées sont plus exigeantes tactiquement et physiquement en raison des manœuvres plus nombreuses. «Comme nous sommes moins puissantes physiquement, nous devons essayer d'être plus malines, poursuit Karine Fauconnier. Avec l'expérience acquise l'an dernier, cela devrait aller mieux.»

Cela d'autant plus qu'elles s'offrent cette année les services d'une nouvelle tacticienne, la Vaudoise Emmanuelle Rol, sélectionnée pour les Jeux de Pékin en 470. «Nous aurons un petit peu de boulot toutes les deux pour nous mettre en phase, mais je suis confiante», insiste encore la barreuse tricolore.

Un niveau plus élevé

Pour Dona Bertarelli, la patronne du bord, cette deuxième saison se présente effectivement bien: «Ce n'est plus l'inconnu. Nous sommes plus aguerries. Et avec nos deux nouvelles recrues, nous devrions être un cran au-dessus.» Elle ne fanfaronne pas pour autant: «Le niveau de la flotte sera plus élevé cette année. Naviguer mieux ne suffira pas pour obtenir un meilleur classement.»

Si les ambitions affichées restent modestes, l'appétit est là. Avec, pour la première journée du Grand Prix Chopard, hier, des résultats encourageants dont une cinquième place. «Il y a un très bon esprit d'équipe et de sportivité. C'est un beau projet», confie encore Dona Bertarelli qui donne là corps à une envie qui la démangeait depuis dix ans. A force d'encourager son grand frère sur les pontons. Et que ce désir de naviguer lui aussi se réalise en multicoque ajoute à son plaisir: «J'aime ce côté adrénaline. Ces bateaux qui avancent même quand il n'y a pas de vent procure une sensation de liberté assez magique.»