Tennis

Les filles de la Fed Cup rêvent d'imiter les garçons

La Suisse est en demi-finale après sa victoire à Leipzig contre l'Allemagne. Bencic, Hingis et Bacsinszky recevront la République tchèque en avril

Pour son retour dans un groupe mondial qu'elle a quitté en 2004, l'équipe de Suisse de Fed Cup a fêté dignement l'événement en battant l'Allemagne 3-2 à Leipzig. Grâce à une Belinda Bencic qui n'a pas encore 19 ans, qui a affiché une maîtrise impressionnante durant les deux jours de compétition et qui a remporté ses trois matchs, les Suissesses sont parvenues à prendre la mesure d'une formation germanique qui comptait pourtant dans ses rangs Angelique Kerber, victorieuse récemment de Serena Williams en finale de l'Open d'Australie.

On le sait déjà depuis un certain temps, mais le tennis helvétique possède en Belinda Bencic un authentique joyau. Les spectateurs présents samedi et dimanche à Leipzig en ont eu une preuve sans équivoque. Le premier jour, elle a été confrontée à l'expérimentée Andrea Petkovic, une championne qui ne traverse certes pas sa meilleure période mais dont la combativité en Fed Cup est reconnue. Le verdict: 6-3, 6-4 pour la Suissesse avec une domination sans partage dès les premières hésitations de début de match passées.

Dimanche, la partie été logiquement plus serrée dans une confrontation qui mettait aux prises deux joueuses qui occupent actuellement le meilleur classement de leur carrière, une deuxième place mondiale pour Angelique Kerber et une onzième pour Belinda Bencic. Là encore, après une entame de rencontre peu convaincante, la jeune Saint-Galloise a réalisé une performance de choix en s'imposant 7-6 6-3, entre autres grâce à un tie-break très bien géré. «J'aime ces moments importants où je dois donner le meilleur de moi-même et j'apprécie aussi beaucoup le fait d'évoluer en Fed Cup, au sein d'une équipe et devant des supporters enthousiastes», a déclaré la Saint-Galloise. Voilà peut-être ce qui explique son incroyable efficacité dans cette épreuve en simple, discipline où elle n'a subi jusque-là qu'une seule défaite en sept confrontations.

En raison des deux revers essuyés par Timea Bacsinszky en simple, Belinda Bencic a dû s'imposer également en double pour assurer le succès suisse. Elle a été associée en la circonstance à Martina Hingis, qui n'est autre que la fille de celle qui l'entraîne parfois, Melanie Molitor. Cette paire au potentiel redoutable – Hingis est la meilleure joueuse du monde dans la spécialité – n'avait que peu évolué ensemble sur le circuit professionnel et jamais encore en Fed Cup, mais s'est montrée très à son aise dans une Leipziger Halle pleine à craquer. La qualité de Belinda Bencic en retour de service et de Martina Hingis à la volée a fait la différence face aux Allemandes Anna-Lena Grönefeld et Andrea Petkovic, progressivement dépassées par les événements. Dans ce double décisif, le duo saint-gallois l'a emporté 6-3 6-2, offrant ainsi à la Suisse une première participation aux demi-finales de Fed Cup depuis 1998, année où la formation helvétique, déjà avec Martina Hingis (!), avait même atteint la finale.

A Leipzig, Timea Bacsinszky a perdu ses deux simples, mais il serait malvenu de lui jeter la pierre. Ce serait surtout oublier que le rôle de joueuse-clé assumé en Allemagne par Belinda Bencic, c'est elle qui l'avait joué en avril 2015 en Pologne dans la rencontre déterminante pour la remontée dans le groupe mondial. Martina Hingis a du reste tenu à le souligner à l'issue de la rencontre. La Vaudoise, blessée en fin de saison dernière, n'a pas encore recouvré son meilleur niveau, mais elle a progressé tout au long du week-end et sa présence dans l'équipe offre d'intéressantes perspectives à Heinz Günthardt.

Le capitaine de l'équipe de Suisse ne sera pas fâché de pouvoir compter sur elle mi-avril pour affronter la République Tchèque en demi-finale, dans un lieu encore inconnu mais sur sol helvétique (Saint-Gall, Lucerne, Genève?). La Suisse accueillerait également une éventuelle finale, mais une chose à la fois. «Les Tchèques, victorieuses quatre fois ces cinq dernières années, constituent incontestablement l'équipe à battre, mais nous avons les moyens de passer», a dit en conclusion Heinz Günthardt plus qu'heureux.

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