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Et à la fin, c’est toujours Sion qui gagne

Sion a remporté sa treizième Coupe de Suisse en autant de participations

Et à la fin, c’est toujours Sion qui gagne

Football Siona remporté sa treizième Coupede Suisse en autant de participations

Conquérants, les Valaisans se sont imposés 3-0 faceà Bâle, sextuple champion de Suisse

Dans les vestiaires, ils ont inscrit «2015» dans la dernière étoile du drapeau valaisan, celle qui est au sommet. Les Valaisans ont remporté une treizième Coupe de Suisse en autant de finales, et ils sont allés la chercher à Bâle, sur le terrain d’une équipe qui a remporté les six derniers championnats de Suisse. Et le plus fou dans tout ça, c’est que ça a semblé facile. Gonflés à bloc après quatre jours d’une préparation plus psychologique que physique, les joueurs du FC Sion ont réussi un match comme ils n’en avaient jamais joué de la saison.

Avant le match, les plus jeunes étaient nerveux. Les anciens, eux, savaient. Dans la matinée, c’est une procession de 20 000 Valaisans, tambours en tête, qui a rejoint Bâle pour colorer le stade Saint-Jacques de rouge et blanc. Jamais les Rhénans n’avaient évolué chez eux devant un public aussi hostile. Ils avaient cru bon de provoquer l’adversaire, ils n’imaginaient pas ce qui allait leur arriver. Didier Tholot avait caché son jeu jusqu’au dernier moment, corrigeant la feuille de match à l’entrée des joueurs sur le terrain.

Avec deux attaquants, Sion commence le marathon comme un sprint. Les Valaisans sautent plus haut, ils courent plus vite et jouent des coudes plus franchement que les Bâlois, bref, ils gagnent tous les duels. A la quatrième minute, le Ghanéen Assifuah fait déjà trembler les filets, mais il est signalé en position de hors-jeu. Quinze minutes plus tard, c’est l’attaquant sénégalais Moussa Konaté qui ouvre la marque sur une passe de Carlitos. Fatigués par une longue saison, les Bâlois ne sembleront jamais capables de réagir. Ni même de marquer un but.

Sion aborde la seconde mi-temps comme la première, le couteau entre les dents. Le très jeune Edimilson Fernandes marque le second but cinq minutes après la reprise, encore une fois sur un service de Carlitos. Le Portugais, qui avait quitté Sion pour Bâle en 2007 avant de revenir en Valais, inscrit lui-même le troisième et dernier but du match à une demi-heure du coup de sifflet final. C’est l’homme du match. Mais la victoire appartient à Didier Tholot, qui a réussi un coup tactique parfait, et à Christian Constantin, qui est parvenu à métamorphoser ses hommes en lions le temps d’une finale. Avec ses conférenciers, ses vidéos, ses vieilles astuces et ses discours de motivation, il a su transcender ses joueurs. Ils se sont battus comme si leur vie en dépendait, comme si le mythe de l’invincibilité de Sion en finale était une réalité.

A quinze minutes de la fin du match, Marco Streller sort en boitant. Le capitaine emblématique du FC Bâle termine son immense carrière sur une défaite qui ressemble beaucoup à un cauchemar. Il a été éteint, et même brisé par le défenseur Léo Lacroix. A la trentième minute, comme un symbole, il reste longuement étendu au sol. Sa mâchoire a malencontreusement rencontré le coude du Brésilien. Il se relève sous les sifflets du public, dans un stade ou jamais il n’avait été conspué de la sorte. Par la suite, il a encore beaucoup souffert, et raté à peu près tout ce qu’il a entrepris, avant de quitter le terrain quand tout était joué. Son adversaire, lui, aura incarné toute la combativité et l’opiniâtreté des Valaisans, le supplément d’âme improbable qui transforme des footballeurs injustement méconnus en héros immortels.

Les joueurs valaisans ont longuement communié avec les supporters qui étaient parvenus à pénétrer sur la pelouse. Leur explosion de joie a été à la mesure de la pression que l’histoire et le président Constantin avaient fait peser sur leurs épaules. Plus tard, ils ont même dansé sur l’autoroute, au milieu d’un embouteillage de voyageurs surpris et de supporters ivres de bonheur. Avant de rejoindre la place de la Planta, ou le Valais les a fêtés très tard dans la nuit, riant, buvant, et racontant par le détail toute cette aventure.

La victoire appartient à Didier Tholot, qui a réussi un coup tactique parfait, et à Christian Constantin, qui a su transcender ses joueurs

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