Football

Fin d’alerte canicule pour Servette

Rejoint par Chiasso en fin de match (1-1), le promu genevois reste dernier de Challenge League mais décolle dans le jeu

Quels points communs y a-t-il entre Servette, l’OGC Nice et le Lausanne-Sport? Les trois équipes ont fait match nul 1-1 ce week-end en ayant été rejointes au score. A chaque fois, les entraîneurs ont préféré se féliciter de la manière plutôt que de regretter la perte de deux points espérés. «On poursuit notre progression», a dit Lucien Favre à Nice. «Si je crois au jeu, je ne peux pas me laisser piéger par le score», a souligné Fabio Celestini.

Jeune entraîneur, Anthony Braizat n’a pas encore le palmarès de ces deux références. Mais le Varois, en poste depuis janvier 2016, s’inscrit dans cette même lignée d’entraîneurs suisses ou de Suisse pour qui le résultat d’un match n’est qu’un indicateur, jamais une finalité. Dans les vestiaires de la Praille, où Servette venait de concéder une égalisation aussi tardive (88e) que rageante (17 tirs dont 8 cadrés pour son équipe), Braizat félicita ses joueurs. «Je suis frustré mais très content des gars. Ils se sont créé beaucoup d’occasions et, par rapport au match de mercredi contre Le Mont [une victoire 2-1, la première après quatre défaites en championnat et une élimination en coupe], je n’ai pas senti de fébrilité.»

Sorti peu avant, le capitaine Tibert Pont confirme: «Il nous a félicités pour nos bonnes intentions. Désormais, Servette met en difficulté ses adversaires. Il nous a manqué de marquer un second but ou de mieux préserver le 1-0 en fin de match, mais nous sommes sur le très bon chemin.»

Remédier à la faiblesse offensive

S’en sortir par le jeu, en 2016, cela ne veut plus dire garder la balle comme le Barça. La possession n’est plus la panacée, les défenses ont trouvé la parade. En début de championnat, les ambitions de Servette se heurtaient à un manque de percussion offensive. Alphonse venait d’arriver et personne n’avait le profil de l’avant-centre costaud qui garde haut le ballon, donne de la verticalité et fait remonter toute l’équipe. Anthony Braizat semble avoir trouvé la perle rare avec Jean-Pierre Nsamé. Arrivé voici dix jours d’Angers (cinq apparitions seulement en Ligue 1 la saison passée), le Franco-Camerounais a marqué le premier but (3e) et constamment pesé sur la défense tessinoise. «Avant Le Mont, je n’avais pas joué depuis trois mois; je peux mieux faire», promet la nouvelle recrue.

Un autre transfert estival a crevé l’écran (qui d’ailleurs était en panne): William Le Pogam. L’activité du latéral gauche français, et surtout son apport offensif (un but mercredi, une passe décisive dimanche), autorise l’ambitieux 3-4-3 voulu par Anthony Braizat. «Grace à ce système, on se crée beaucoup plus d’occasions de but», constate ce dernier.

Reste à confirmer contre les meilleurs. Le regain de Servette coïncide avec la réception à la Praille de deux mal classés (en attendant Wohlen le 11 septembre). Pas le même niveau que les équipes de tête. «Xamax et Aarau sont pratiquement des équipes de Super League», admet Tibert Pont. Son entraîneur n’est pas d’accord. «A part Zurich, tout le monde peut battre tout le monde, affirme Anthony Braizat. Je peux me tromper mais on en reparle dans un mois…»

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