Tandis que le Tour de France 2017 frôlera la Suisse le 8 juillet (arrivée à la station des Rousses au-dessus de Saint-Cergue), un bref et rapide rétropédalage nous apprend que la précédente édition a consacré Finhaut-Emosson comme ville-étape dont les retombées numériques ont été les plus importantes.

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Une étude de la société française CupoNation, spécialiste de l’e-couponing et filiale de l’incubateur allemand Rocket Internet, indique que la cité valaisanne qui a accueilli la Grande Boucle le 20 juillet se classe la première des 38 villes-étapes en termes de bond de popularité. «Cinq villes ont vu les recherches en ligne augmenter de plus de 1000% et Finhaut est très largement devant. Les recherches sur son nom sont passées de 90 à 40 500, soit une hausse de 44 900%. Arcalis en Andorre et le val d’Aran en Espagne suivent avec une augmentation respective de 24 536 et 4809%», précise Despina Fronimaki, porte-parole de CupoNation.

A l’assaut du barrage

Les données récupérées grâce à l’outil Keyworld Planner de Google ont comparé les volumes de recherche pour chaque ville-étape lors de deux périodes différentes: du 1er au 31 juillet 2015 et du 1er au 31 juillet 2016. Berne, qui a été ville d’arrivée et de départ les 19 et 20 juillet, occupe la 27e place avec 50% de recherches en plus. Le maillot jaune numérique emporté par Finhaut s’explique par la notoriété internationale plutôt modeste de la commune suisse (500 habitants) avant la venue du Tour de France et le côté inédit de cette arrivée d’étape. «Les premières images du monumental barrage d’Emosson ont très vite rendu curieux les internautes et ont explosé le nombre de clics», relève Despina Fronimaki.

Sur place, un an plus tard, les traces du passage du Tour de France sont très perceptibles. «Nous avons comparé la fréquentation touristique de mai-juin 2016 et celle de cette année durant la même période et observons 50% de visiteurs en plus», se réjouit Pascal May, le président de la municipalité. Un compteur à vélo installé au cœur du village a ainsi recensé samedi 143 bicyclettes partant à l’assaut de la pente à 12% menant jusqu’au barrage d’Emosson, qui avait vu l’an passé le Russe Ilnur Zakarin l’emporter.

«On nous en parle tous les jours»

Alain Gay-des-Combes, qui avec son ami d’enfance Cédric Revaz a fait venir le Tour de France chez lui à Finhaut, parle de «retours extraordinaires». «Pas un seul jour sans que quelqu’un nous rappelle que ces journées furent magnifiques et réussies. Nous avons réalisé un rêve et entraîné tant de gens dans ce projet fou que c’est toute une région qui aujourd’hui se sent fière», confie-t-il.

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Alain a été invité samedi 1er juillet à Düsseldorf, ville de départ du Tour 2017. «Nous entretenons ainsi les amitiés nouées tant avec les organisateurs du Tour qu’avec des coureurs et les sponsors, c’est important», poursuit-il. Finhaut sera-t-elle à nouveau candidate? «Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. Nous avons très envie de revivre cette aventure et s’il y a une opportunité, on va foncer. C’est une grosse machine, de lourds investissements qui nécessitent des soutiens tant communaux que cantonaux.»

Un seul petit couac

Atout majeur dans la manche des Valaisans, le patron du Tour, Christian Prud’homme, ne tarit pas d’éloges sur ceux qu’il appelle ses amis de Finhaut. Et ce, malgré le petit couac de l’an passé. Pour rappel, l’évacuation de la caravane du Tour depuis Emosson par les galeries du chantier de Nant de Drance a été jugée trop lente, certains coureurs n’ayant pu rallier leur hôtel que vers 21h. «Mais notre responsabilité n’est pas engagée, précise Pascal May. Deux cents véhicules, de la presse notamment, n’ont pas respecté les consignes et ont forcé le passage, ce qui a provoqué des retards d’évacuation de plusieurs bus d’équipes.» Comme disaient autrefois les coureurs, on fera mieux la prochaine fois.