Les Finlandais Tommi Mäkinen et Risto Mannisenmaki (Mitsubishi Lancer Evo VI) ont remporté dimanche le Rallye de Nouvelle-Zélande, neuvième manche du championnat du monde 1999. Ils ont devancé leurs compatriotes Juha Kankkunen et Juha Repo (Subaru Impreza WRC) et une autre paire de «Finlandais volants», Toni Gardemeister et Paavo Lukander (Seat Cordoba WRC). Fort de sa victoire, Tommi Mäkinen prend le large au classement du championnat du monde des pilotes où, avec 46 points, il compte désormais 11 longueurs d'avance sur le Français Didier Auriol (Toyota Corolla WRC) – quatrième seulement dans l'hémisphère Sud – et 16 sur l'Espagnol Carlos Sainz (Toyota Corolla WRC). Au classement des marques, l'écart entre Toyota, toujours en tête, et Mitsubishi se resserre. Il passe de 25 points à 19.

Son succès néo-zélandais, le pilote de Jyväskylä l'a dessiné dès la première étape, se jouant dans un premier temps de la boue avant de contrôler la situation samedi lors de la deuxième étape, puis de parachever son œuvre dimanche. Dans un premier temps, c'est le Français Didier Auriol qui s'est montré son contradicteur le plus acharné. Las pour lui, le «lutin cévenol» est sorti de la route samedi. Ses mécaniciens n'ont pas été en mesure de régler à nouveau correctement sa voiture. Une situation dont a pu profiter le rusé Juha Kankkunen (quadruple champion du monde) pour redonner des couleurs à Subaru dont le début de saison s'est révélé plutôt terne. Quant au troisième «flying finn» de l'opération, Toni Gardemeister, il a démontré des dispositions certaines. Assez remarquables finalement pour un pilote confiné au statut de remplaçant chez Seat.

Mais le grand homme de ce rallye demeure Tommi Mäkinen. A 35 ans, le Finlandais qui a disputé 78 rallyes à ce jour au plus haut niveau (18 victoires) fait plus que jamais figure de favori pour l'obtention d'une quatrième couronne mondiale consécutive. Ce qui constituerait un record en la matière (Kankunnen a aussi été titré à quatre reprises, mais pas consécutivement: 1986, 87, 91 et 93). Tommi Mäkinen est actuellement l'unique pilote de pointe à ne pas disposer de contrat pour l'an 2000. Son départ de chez Mitsubishi est régulièrement évoqué. Mais pour aller où? Peugeot et Ford semblent aujourd'hui les mieux placés pour s'offrir les services du résident monégasque. Un élément pourrait toutefois décourager les employeurs potentiels: Tommi Mäkinen ne poursuivra pas sa carrière à moins d'un salaire de 10 millions de francs suisses par an. Cela constitue aussi un record pour un rallyman.