Dixième manche du championnat du monde des épreuves routières 1999, le Rallye de Finlande (anciennement 1000 Lacs) représente une sorte de Grand Prix sur terre battue. Les pilotes y roulent en effet à très haute vitesse, malgré une visibilité plutôt réduite au sommet des bosses dont on sait qu'elles sont plutôt nombreuses dans les alentours de Jyväskylä, plaque tournante de l'épreuve. A ce jeu particulier, les Finlandais se montrent régulièrement les plus à l'aise même si quelques pilotes latins – notamment le Français Didier Auriol et l'Espagnol Carlos Sainz – ont prouvé, jadis, qu'ils pouvaient parfaitement endosser les rôles principaux.

Le tracé figure probablement parmi les plus spécifiques, mais aussi les plus difficiles tant les reconnaissances du parcours se font à vitesse réduite alors que les moyennes, en course, sont très élevées. «Les bosses où l'on décolle réellement ne sont guère nombreuses, explique le Français Didier Auriol, champion du monde en 1994 et qui s'est déjà imposé en Finlande. Toutefois, les passages sur les dos d'âne sont incessants et on ne sait jamais vraiment où la voiture va se poser.» Il ajoute: «Pour être compétitif aux 1000 Lacs, il faut «tendre» les trajectoires bien plus que lors de n'importe quel autre rallye. En Finlande, incontestablement, la précision du pilotage fait la différence. D'où l'importance de la qualité des notes dictées par le navigateur.»

Le Finlandais Tommi Mäkinen sera le grand favori de cette édition. Il est vrai que l'ancien fermier de Puuppola, 35 ans depuis peu, demeure invaincu sur ses terres depuis… 1994. Leader actuel du championnat du monde 99 avec 46 points – 11 d'avance sur Didier Auriol et 16 sur Carlos Sainz –, Mäkinen et son coéquipier Risto Mannisenmaki disposent d'une formidable opportunité de s'envoler un peu plus vers une quatrième couronne mondiale consécutive. L'opposition viendra de l'Ecossais Colin McRae (Ford), de l'Anglais Richard Burns (Subaru), du Français Didier Auriol et de l'Espagnol Carlos Sainz (les deux sur Toyota), mais aussi de Juha Kankkunen (Subaru) qui a retrouvé cette saison une seconde jeunesse.

A moins que les «Peugeot Boy's» François Delecour, Gilles Panizzi et Marcus Grönholm ne viennent semer le trouble dans une hiérarchie qu'on aimerait voir bousculée. Au volant de leur Peugeot 206 WRC, il y a fort à parier que les deux Français et le Finlandais ne voudront pas se contenter des accessits.