Florian Eckert est un homme heureux. Le skieur allemand a obtenu, hier, la médaille de bronze de la descente masculine des championnats du monde de St. Anton. Le jour même de son 22e anniversaire. «Vous savez, explique-t-il après coup, je ne me suis pas levé de bon matin en me disant: «Tiens, c'est ton anniversaire. Tu vas faire une médaille de bronze et après tu t'achèteras ceci ou cela avec l'argent que tu vas gagner. Non, c'est venu comme ça. J'ai eu pas mal de chance.»

A un confrère qui lui demande comment s'est déroulée sa course, le skieur de Bad Tölz – dont le meilleur résultat en descente avant-hier était une 18e place et qui s'élançait avec le dossard No 25 –, répond: «D'abord, tu es en haut, dans l'aire de départ. Tu jettes un œil à l'écran de télévision et tu te dis: «Bon, tout est déjà joué.» Tu t'élances quand même, tu arrives à la hauteur du glacier. Cela ne se passe pas trop mal, alors tu continues. Tu tournes deux fois à droite et tu te retrouves à l'arrivée. Là tu vois l'écran géant qui indique Florian Eckert, 3e. C'est simple, non?»

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Florian Eckert manie l'humour avec un plaisir non dissimulé. L'Allemand s'amuse et il tient à emmener un maximum de monde dans ses délires. Reste que s'il est un garçon qui n'a pas souri à l'exploit du feu follet, c'est bien le Suisse Silvano Beltrametti (dossard No 2). Car avant qu'Eckert ne s'élance, c'est lui qui occupait la troisième marche du podium. «Je suis affreusement déçu, affirme le Grison dans l'aire d'arrivée. J'ai réalisé une course superbe et un chrono qui ne l'était pas moins. Les autres étaient trop forts. Je ne pouvais pas faire mieux.»

Quant aux Autrichiens Trinkl et Maier, ils ont longtemps craint pour des médailles qu'ils estimaient à l'abri depuis longtemps, s'étant élancés respectivement avec les dossards Nos 6 et 3. «Mon cœur s'est mis à battre la chamade lorsque j'ai vu les chronos intermédiaires de Florian, confesse ainsi Hannes Trinkl.» Un peu plus loin, Maier se contente d'affirmer: «Aujourd'hui, beaucoup de favoris ont échoué. Je peux donc être content de ma médaille d'argent.» Parmi les favoris qu'évoque l'Autrichien figurait le Neuchâtelois Didier Cuche. Celui-ci a été victime d'une belle chute dans le schuss d'arrivée.