Acte IV, scène 17: le propos s'essouffle, l'action tend à s'embourber… En dépit de leur bonne volonté, les acteurs de la pièce qui se trame autour de l'exploitation du Stade de Genève ont de plus en plus de mal à captiver l'assistance. Et le communiqué de la Fondation du Stade de Genève (FSG), rendu public ce vendredi, fait office de goutte d'eau dans un océan d'incompréhension. Le conseil de la FSG, qui s'est réuni jeudi, a tenu à réaffirmer sa position dans le conflit qui l'oppose à la Société d'exploitation (Sesge) détenue par Marc Roger, patron du Servette FC.

A savoir, en substance: la FSG sera disposée à renégocier les accords passés entre les deux parties en février dernier lorsqu'elle aura reçu l'argent qui lui est dû – 300 000 francs de contribution aux passifs à fin 2003, plus 164 505 francs et… 66 centimes de redevance au 30 septembre dernier. Rien de neuf, donc. Les uns veulent discuter avant de mettre la main au portefeuille, les autres veulent être payés avant de causer.

La FSG dénonce par ailleurs le caractère non exhaustif de la proposition d'arrangement faite le 8 novembre dernier par Dominique Warluzel, avocat de Marc Roger dans cette affaire. «Nous avons besoin de précisions par rapport à cette proposition, qui laisse place à de multiples possibilités d'interprétation», déclare Mark Schipperijn, président de la FSG.

A main gauche, on attend des sous et des précisions. A main droite, on estime que la balle est dans l'autre camp: «Je viens de recevoir une lettre de la FSG, qui me dit qu'elle va prochainement m'adresser une liste de questions, explique Me Warluzel. Alors, j'attends la liste. Et je ne vois pas, dans ces conditions, quel intérêt il y a à publier un communiqué pour ne rien dire.»

A cette allure, on voit mal comment le dialogue de sourds pourrait se terminer ailleurs que devant la justice. Une perspective qui n'a jamais effrayé Dominique Warluzel, qui s'exprimait ainsi dans Le Temps du 10 novembre: «Je ne suis pas inquiet à l'idée de me retrouver au tribunal. J'ai suffisamment d'atouts dans ma manche.» Ça tombe bien: faisant suite à une mise en demeure de paiement, la FSG a adressé jeudi un commandement de payer à l'Office des poursuites de l'arrondissement de Rolle (VD), où réside Marc Roger. «C'est la suite logique des opérations, affirme Mark Schipperijn. La FSG se doit de préserver les deniers investis et d'assurer la sauvegarde de ses intérêts.»

Sauf improbable rebondissement, l'acte V de la pièce devrait donc se jouer au tribunal. Et il pourrait tirer en longueur.