Perquisitions, arrestations, dénonciations, arbitres contestés, rumeurs et soupçons généralisés: c'est dans une ambiance pesante et électrique que s'est déroulée la 19e journée du Championnat de football en Allemagne, une semaine après la découverte des manipulations dont se serait rendu coupable l'arbitre berlinois Robert Hoyzer, qui est passé aux aveux.

Si Berlin est au cœur du scandale, qui remonte au milieu des paris clandestins et à la mafia croate, c'est tout le football allemand, déstabilisé, qui vit une ère de suspicion et d'atterrement, comme l'exprimaient dans les stades les calicots brandis par les spectateurs. Vendredi soir, la justice berlinoise a porté un premier coup en procédant à une perquisition au café King, un établissement fréquenté par les joueurs et les fans de différents clubs locaux, dont Hertha Berlin, le prestigieux club de la capitale.

La police a procédé à l'arrestation de quatre personnes d'origine croate, dont le propriétaire du local. Ils auraient livré les noms de trois des joueurs du club berlinois habitués des lieux: l'international Alexander Madlung, Josip Simunic et Nado Rafael. Ceux-ci nient toute participation aux paris. La presse dominicale ne manquait pas de relever que Madlung s'était signalé en match de Coupe, le 22 septembre, par un curieux autogoal qui faisait perdre son équipe contre le modeste Eintracht Brunschwig.

L'enquête s'est étendue aux clubs professionnels de ligues régionales, notamment dans les nouveaux Länder de l'est. Un joueur du SC Paderborn aurait avoué au président du club être directement lié au scandale. Enfin, un arbitre, Jürgen Janssen, qui devait diriger la rencontre Werder Brême – Hansa Rostock, a été remplacé à la dernière minute parce que son nom a été prononcé dans l'affaire.