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«Le Football et les Hommes» et Raymond Pittet

L’œuvre de ce brillant journaliste sportif, décédé en 1985, mérite d’être redécouverte

C’est parti d’une rumeur aux allures de question, ou l’inverse: Lionel Pittet, journaliste à la rubrique Sport, est-il le fils de Raymond Pittet? Eh bien non: Lionel Pittet est le fils de Bertrand. Mais que reste-t-il aujourd’hui de l’œuvre incomparable dans la presse sportive romande de Raymond Pittet? La question se pose pour les moins de 40 ans, qui n’ont pas pu connaître cet ancien footballeur (au Lausanne-Sport et au FC Sion notamment) puis journaliste à la Tribune de Lausanne, titre qui deviendra plus tard Le Matin.

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En cherchant un peu, nous fûmes vite saisis d’un vertige. Il ne reste rien, ou presque. Pas d’articles sur internet, ni dans les archives de ses anciens employeurs, ni dans les moteurs de recherche du système d’archivage SMD, très lacunaire avant le milieu des années 1990. Raymond Pittet est mort en 1985, à 58 ans. Il ne subsiste que ses livres, dont on trouve encore quelques exemplaires d’occasion sur Amazon.

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«Parler de tout, sauf des matchs» 

Le plus célèbre d’entre eux, Le Football et les Hommes, paru en 1971, demeure l’un des plus beaux textes consacrés à ce jeu. Encore émerveillé de la Coupe du monde au Mexique, jamais repu du «football des talus» (il est probable que l’expression vienne de lui), il raconte le sport à hauteur d’hommes – ou d’enfants – avec une liberté, une inventivité et une simplicité qui lui valurent un succès commercial, un prix littéraire et une invitation sur le plateau d’Apostrophe.

La question de la filiation est aussi spirituelle. Parce qu’il n’est pas attaché à une ville ou à un club, parce qu’il peut plus facilement qu’un autre sortir des sentiers battus, Le Temps est souvent présenté comme l’héritier naturel de Raymond Pittet, parti à la Coupe du monde 1982 avec la ferme intention de «parler de tout, sauf des matchs». Assumer un aussi prestigieux héritage, c’est d’abord lui rendre hommage et le faire connaître aux jeunes générations. S’il faut un prétexte, ce sera la semaine du Salon du livre, du 1er au 5 mai à Genève. Depuis lundi, et avec l’accord de ses enfants et véritables héritiers, nous publions chaque jour en page Sport un texte de Raymond Pittet. Son humanité y éclate, et la qualité littéraire de ses récits de match nous émeut bien après la fin de la partie.

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