Pour sa première sortie officielle depuis le 10 juin dernier, jour de sa nomination à la tête de l'équipe de Suisse pour succéder à Enzo Trossero, Jakob Köbi Kuhn a choisi le siège de l'Association suisse de football, à Muri (BE). Par une initiative inhabituelle, il a invité la presse pour présenter et commenter sa première sélection. Mercredi prochain, la Suisse affronte l'Autriche en match amical. Une longue liste de 26 joueurs, mais pas de surprises et une seule nouveauté, le retour du Bâlois Murat Yakin (21 sélections). Köbi Kuhn, chemise blanche frappée de la griffe du sponsor, sur un ton posé, a exposé sa philosophie, parlé des absents et répondu sans ambages aux questions. Une prise de contact qui montre un homme aux idées claires, conscient des difficultés, mais aussi convaincu de la qualité de son groupe.

Si beaucoup d'entraîneurs sont toujours prompts à pleurnicher sur les absents, le sélectionneur a d'entrée tenu à préciser que «contrairement à ce qu'on croit, il existe une large base dans le pays». Il compte pourtant encore sur les anciens comme Stéphane Chapuisat – «j'aimerais bien qu'il ait 10 ans de moins, comme c'est indiqué sur la liste que vous avez sous les yeux», note-t-il non sans humour – ou Kubilay Türkyilmaz. Le Vaudois de Grasshoppers ne sera toutefois pas du voyage pour cause de blessure à la cheville. Le Tessinois du FC Lucerne a joué dimanche dernier son premier match après deux mois d'absence. Köbi Kuhn explique: «Türkyilmaz m'a dit qu'il rejouerait volontiers avec l'équipe nationale. Après discussion avec lui et son entraîneur Raimondo Ponte, nous sommes d'accord pour dire qu'il est à court de compétition. Mieux vaut qu'il s'entraîne avec son club.»

L'équipe est une famille

En cas de retour en forme accéléré, la porte pourrait déjà s'ouvrir pour la prochaine échéance importante, le match de qualification à la Coupe du monde 2002 face à la Yougoslavie, le 1er septembre prochain. «Nos chances de qualification sont infimes, concède le sélectionneur. Mais elles existent et nous y croyons encore.» Stéphane Henchoz ne sera pas non plus du déplacement autrichien. Gérard Houiller, son entraîneur à Liverpool, a convaincu le sélectionneur qu'il valait mieux un peu de repos au défenseur dans son calendrier aoûtien surchargé plutôt qu'un déplacement supplémentaire. Pour qualifier ces renoncements, Kuhn a été lapidaire: «Les décisions de la sagesse.»

Le sélectionneur est revenu sur l'histoire du brassard de capitaine entre Henchoz et Sforza, qui a fait couler beaucoup d'encre lors du déplacement aux îles Féroé en juin dernier (Sforza s'était plaint que le brassard lui ait été retiré). Un épisode qui a permis à Kuhn d'exposer sa philosophie: «J'ai parlé avec les deux joueurs et je crois qu'il n'y a pas d'animosité entre eux. Le plus important dans une équipe, c'est que tout le monde se respecte. Je ne demande pas à mes joueurs d'être amis, mais nous devons arriver à une réelle solidarité sur le terrain. Sinon, il faut trancher! Je veux des règles entre nous car je comprends l'équipe comme une famille. Il y a des choses qui doivent rester entre quatre murs.»