Positif, optimiste, rassembleur. Enzo Trossero donne cette image depuis qu'il est arrivé en Suisse, à la mi-juillet, pour prendre les rênes de l'équipe nationale de football. Mercredi soir à Saint-Gall, pour sa première face à la Grèce en match amical, son équipe a déçu. Résultat: un match nul flatteur (2-2). Ce premier coup d'arrêt ne change rien. L'Argentin reste fidèle à son image. «Je ne suis pas déçu, explique-t-il. J'ai confiance en mes joueurs et je suis toujours derrière eux. Ils ont beaucoup couru. C'est peut-être moi qui ai commis une erreur car, individuellement, tout le monde a bien joué.» La plus grande satifaction de la soirée? «De ne pas perdre.» En définitive, le résultat demeure le plus important aux yeux d'Enzo Trossero. «Comme toujours», dit-il laconiquement. Et d'ajouter: «La prochaine rencontre, on doit la gagner… Pas de problème!»

En effet, le 2 septembre prochain à Zurich, pour le premier match de qualification à la Coupe du monde 2002 face à la Russie, la Suisse n'aura pas le droit à l'erreur. Face à un adversaire bien plus redoutable que les Grecs, il faudra corriger plusieurs aspects pour partir du bon pied dans cette nouvelle aventure. Le sélectionneur le sait et n'a pas tardé à le montrer mercredi soir. «A domicile, nous jouerons de manière offensive avec trois défenseurs. Mais s'il le faut, je changerai», déclarait-il mardi. A la mi-temps, Ludovic Magnin venait renforcer l'arrière-garde, trop perméable jusque-là. «On a essayé un système. Cela n'a pas marché, j'ai changé. Ciriaco Sforza a pu partir depuis derrière, l'équipe était mieux équilibrée et les joueurs se sont sentis plus à l'aise», explique Enzo Trossero, qui répétera ce schéma contre les Russes. Ludovic Magnin, qui a réussi ses débuts en équipe nationale, peut désormais envisager une place de titulaire.

Vogel et Sforza déçoivent

Davantage encore que la défense, le milieu de terrain n'a pas répondu aux attentes. Si Raphaël Wicky a déployé sa combativité habituelle et Alexandre Comisetti s'est mis en évidence sur le plan offensif, marquant même un but, Mario Cantaluppi a fléchi après un bon premier quart d'heure, se faisant trop souvent déborder en phase défensive et n'apportant que peu de soutien aux attaquants. Mais les deux plus grandes déceptions ont été Johann Vogel et Ciriaco Sforza. Le joueur du PSV Eindhoven a évité tout contact. Visiblement, à trois jours de la reprise du championnat des Pays-Bas, la peur de se blesser a prédominé. Le caractère amical de la rencontre l'excuse en partie, d'autant qu'il a toujours répondu présent lors des matchs importants. Quant à la star du Bayern Munich, qui avoue une motivation intacte, il n'a pas passé des paroles aux actes sur la pelouse de l'Espenmoos. En rassembleur, Enzo Trossero ne critique pas ses individualités: «Sforza a peut-être été dans l'ombre, mais il a l'habitude de jouer en position plus défensive dans son club. Je le remercie pour avoir joué avec courage dans cette position.» De toute évidence, on ne verra pas le capitaine, dans un proche avenir, en électron libre derrière les deux attaquants.

Une note positive tout de même. Elle vient de Hakan Yakin. A 23 ans, l'attaquant des Grasshoppers continue sa progression. Puissant et vif, il a pesé sur la défense grecque, finissant par marquer le but égalisateur en fin de match. Pour sa cinquième sélection, il a marqué son troisième but, alors que David Sesa en reste à une réussite en 26 matchs sous le maillot de l'équipe nationale. Malgré cela, en attaque, le ciel n'est pas totalement dégagé. Blessés, Kubilay Türkyilmaz et Stéphane Chapuisat, les deux meilleurs atouts, ne seront pas forcément en mesure de tenir leur place dans deux semaines. Pourtant, le 2 septembre prochain, le seul objectif est la victoire. Car dans un parcours aussi long qu'une qualification à une Coupe du monde, il faut faire la course en tête pour ne pas avoir à rattraper les points perdus. Pour cela, il faudra éviter de commettre les mêmes erreurs que mercredi soir. Enzo Trossero ne manquera pas de le répéter à ses joueurs.