Mercredi soir, quatorze rencontres amicales étaient au programme. La plupart ont proposé un médiocre spectacle. Le titre de une de notre confrère L'Equipe jeudi matin – «C'était quoi, ce match?» — n'est donc pas l'expression d'une déception provoquée par la défaite de la France devant la Russie. Le quotidien continue ainsi: «Les Bleus ont poursuivi à Moscou leur préparation à la Coupe du monde au terme d'un match qui, comme on pouvait le craindre, n'a pas présenté beaucoup d'intérêt».

A Berne, le match nul de la Suisse face à l'Angleterre a provoqué des réactions positives dans l'ensemble de la presse du pays. Mais on sort d'une période de disette qui explique cette satisfaction mieux que la qualité du match. Certes, on a vu appliquer quelques principes du nouveau sélectionneur, Gilbert Gress. La circulation de la balle, le pressing ou l'engagement ont refait surface. Mais la rencontre ne s'est jamais enflammée. L'apathie des Anglais y est pour quelque chose. Les absences de Gascoigne, Le Saux, Beckham ou Cole auraient dû motiver les remplaçants. Ces derniers se sont contentés d'un rôle de figurant. Le sélectionneur anglais, Glenn Hoddle, en est le premier conscient: «Notre première mi-temps était catastrophique. Nous n'avons rien entrepris.»

Les autres rencontres de mercredi? Décevantes. Allemagne-Brésil affichait complet à Stuttgart. Le match n'a pas tenu ses promesses et fut une bataille rangée, avec deux expulsions, huit avertissements, plus de fautes que de véritables actions de jeu, hormis une fulgurante accélération de Ronaldo qui inscrivait le but de la victoire. Commentaire de L'Equipe: «Au cours d'un match où Brésiliens et Allemands n'ont pris aucun risque, la qualité du spectacle s'en est cruellement ressentie. On oubliera très vite la victoire sans relief des champions du monde.» Dernier exemple: la Bulgarie a subi sa première défaite face à la Macédoine (1-0). Ses vedettes Stoichkov ou Balakov avaient l'esprit ailleurs.

Une question s'impose: pourquoi organiser toutes ces rencontres amicales si les vedettes ne se livrent qu'avec retenue? Parce que les grandes fédérations nationales ont des contrats faramineux avec des sponsors qui les obligent à multiplier les apparitions publiques. Les Brésiliens par exemple, liés à Nike, sont spécialistes des tournois sans enjeux. Deuxième raison, les sélectionneurs acceptent ces rencontres parce qu'ils peuvent ainsi disposer de leurs joueurs pendant quelques jours pour améliorer la cohésion du groupe et pour apprendre à cohabiter. Pour les finalistes, une Coupe du monde c'est plus de six semaines de vie en commun.