Après deux défaites consécutives, le Servette FC se devait de réagir devant son public face à Neuchâtel Xamax. La réaction a bien eu lieu vendredi soir. Au-delà même des pronostics les plus optimistes. Sous un soleil couchant, le maigre parterre de supporters «grenat» – en annonçant 3010 spectateurs, le speaker avait de toute évidence comptabilisé les abonnés absents – a ainsi pu assister à une pluie de buts en première période, les hommes de Lucien Favre inscrivant cinq réussites! Le centre-avant Alexandre Rey en profitant pour réaliser au passage le «hat trick» parfait entre la 21e et la 37e minute.

En seconde période, le score n'ayant plus qu'une valeur anecdotique, le match s'est déroulé sans beaucoup d'émotion. Hormis entre la 82e et la 84e minute où l'arbitre accordait deux penalties, le deuxième plutôt généreusement (Bühler tombant tout seul). Patrick Koch les transformait et donnait une allure moins sévère à la défaite. Avec cette victoire, les Genevois prennent provisoirement le 6e rang du classement, alors que les Neuchâtelois demeurent sous la barre. Mis à part St-Gall-Lausanne (3-1), les autres rencontres de la cinquième journée du championnat ont lieu ce samedi soir.

Un Servette devenu fort du jour au lendemain ou un Neuchâtel Xamax très faible? On penchera plutôt pour la deuxième explication. Comme lors de ses précédents matchs hors de la Maladière – défaite 2-0 à Lucerne et 6-0 à Zurich face à Grasshoppers –, Xamax rentre bredouille d'un déplacement. Et ce n'est pas un hasard. Lents dans la manœuvre, mal placés, voire naïfs en défense et quasiment inexistants sur le front de l'attaque, les hommes d'Alain Geiger n'ont rien montré de positif. Même sur le plan de la combativité les Neuchâtelois ont déçu, paraissant résignés après seulement vingt minutes de jeu et 2-0 au tableau d'affichage.

Expliquer le large succès de Servette par la seule faiblesse de Neuchâtel serait réducteur. «Parmi les choses importantes, expliquait Lucien Favre à la veille de la rencontre, il faut faire tourner le ballon pour mettre hors de position l'adversaire.» L'entraîneur genevois a dû être satisfait de l'amélioration de cet aspect du jeu de son équipe. Les Genevois ont en effet rapidement porté le danger dans le camp de défense neuchâtelois, le plus souvent par des mouvements à une touche de balle, à l'image des trois premiers buts.

Jeu en déviation

Dans ce jeu fait de déviations, Martin Petrov et Edwin Vurens ont été les plus en vue. Paolo Diogo a eu le mérite de marquer d'un beau tir croisé sur la première véritable occasion de but, libérant ainsi son équipe. Alexandre Rey a confirmé son bon sens du placement en se trouvant au bon endroit sur ses première et troisième réussites – il n'avait plus qu'à pousser le ballon dans les buts vides – et n'a pas manqué de sang-froid lorsqu'il a affronté seul le gardien. Edwin Vurens, s'il n'a plus des jambes de 20 ans, a encore une excellente vision du jeu. Le Néerlandais aurait même pu signer une deuxième réussite personnelle en deuxième mi-temps, mais sa reprise de volée terminait sur le poteau (73e).

La défense genevoise n'a pas été véritablement mise à contribution puisque les deux buts neuchâtelois ont été inscrits sur coup de pied arrêté. De toute évidence, l'arrière-garde genevoise aura davantage de travail dans une semaine à Zurich face à Grasshoppers. Une rencontre qui permettra de voir la réelle progression de Servette.